Les électeurs peu enthousiastes alors que la campagne tire à sa fin en Ontario
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Par La Presse Canadienne, 2022
TORONTO — La campagne électorale de l'Ontario continuait son chemin vers sa conclusion mardi, le favori semblant se diriger doucement vers la ligne d'arrivée et la possible deuxième soulevant un doute sur son propre avenir en tant que cheffe.
Les sondages suggèrent que les conservateurs, dirigés par Doug Ford, sont sur le point de remporter un deuxième gouvernement majoritaire et que ni le NPD ni les libéraux ne se sont suffisamment démarqués pour que l'on prédise déjà qui sera l'opposition officielle. Les chiffres sont en grande partie au même point où ils étaient au début de la campagne.
Les électeurs ne semblent pas particulièrement enthousiasmés par les options de cette élection, a déclaré Shachi Kurl, présidente de l'Institut Angus Reid.
Un récent sondage réalisé par sa firme a révélé que M. Ford est le premier choix pour le poste de premier ministre, mais avec seulement 35 % des intentions de vote, tandis que la cheffe du NPD, Andrea Horwath, est statistiquement à égalité, autour de 20 %, avec les électeurs indécis.
«Dans quelques cas, vous voyez que les partis sont en fait en avance sur leurs chefs en termes d'approbation ou d'attrait, donc les gens s'en tiennent à leurs bases de parti, plutôt que de se sentir enthousiasmés ou inspirés par un chef», a-t-elle déclaré dans un entretien.
«Le fait que la moitié des électeurs de l'Ontario soient aussi motivés à garder un parti qu'ils n'aiment pas hors du pouvoir, plutôt que de voter pour un parti qu'ils veulent vraiment voir gagner, ce sont des indicateurs assez significatifs d'une sorte de 'facteur bof' que les électeurs ressentent.»
La dernière élection, en 2018, était ce que l'on appelle une élection de «changement», l'électorat dans son ensemble voulant que les libéraux quittent le pouvoir après 15 ans. Dans cette campagne, même si la majorité des électeurs ne sont pas particulièrement partisans de M. Ford, il n'y a pas de volonté écrasante de le remplacer par quelqu'un d'autre, a noté Mme Kurl.
Les électeurs ont vu Mme Horwath diriger le NPD lors de trois autres élections générales et ne sont toujours pas suffisamment attirés par son message pour lui donner une victoire, et ils ne semblent pas non plus penser qu'il est temps pour les libéraux de revenir au pouvoir, a-t-elle déclaré.
«Habituellement, quand vous avez une élection de changement après une si longue période, comme nous l'avons vu en 2018, ce n'est pas un deux minutes sur le banc des pénalités», a souligné Mme Kurl.
«Il s'agit généralement d'une faute de jeu qui dure plus d'un cycle électoral.»
Mardi, Mme Horwath n'a pas garanti qu'elle resterait à la tête du NPD après les élections, même si son parti forme à nouveau l'opposition officielle, mais avec un nombre réduit de sièges.
«Jeudi, les gens prendront leur décision et ce à quoi je m'engage à ce stade, c'est que je me battrai toujours pour les gens et que je travaillerai toujours pour améliorer la vie des gens», a-t-elle déclaré lors d'un événement de campagne.
«Après (le vote), cela déterminera ce qui se passera ensuite, mais je n'arrêterai jamais de me battre pour les gens, jamais.»
De nombreux observateurs s'attendent à ce qu'elle démissionne si son parti ne forme pas le gouvernement cette fois. Les experts avaient également évoqué la possibilité d'une démission en 2018 en l'absence d'une victoire du NPD – qui avait semblé possible pendant environ une semaine au cours de la dernière campagne – mais elle est restée en poste après que le NPD a été catapulté hors de son statut de troisième parti, doublant presque son nombre de sièges, en partie aidé par l'effondrement du vote libéral.
Mardi, le chef libéral Steven Del Duca a déclaré que l'équipe de M. Ford l'avait isolé du public afin qu'il puisse «marcher comme un somnambule» vers une autre victoire, mais il entend les électeurs raconter une histoire différente pendant la campagne électorale.
«Nous savons que Doug Ford est coincé dans une bulle depuis, franchement, bien avant le début de cette campagne», a-t-il déclaré lors d'un événement de campagne.
«Les conversations que j'ai avec les gens en ce moment, partout en Ontario, les foules que je vois à chacun de mes arrêts, ça me dit que les Ontariens vont faire éclater la bulle de Doug Ford jeudi soir.»
M. Ford a passé plusieurs jours pendant la campagne soit à ne tenir aucun événement, soit à ne tenir que des «séances de photos», au cours desquelles les journalistes n'ont eu aucune possibilité de poser des questions sur son plan.
- Avec des informations de Stephanie Taylor à Ottawa.
Allison Jones, La Presse Canadienne