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Les électeurs de la circonscription de Mississauga-Lakeshore se rendent aux urnes

durée 23h00
11 décembre 2022
La Presse Canadienne, 2022
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

À première vue, l'élection partielle qui se déroule lundi dans la convoitée circonscription fédérale de Mississauga-Lakeshore, dans le Grand Toronto, compte sa part de suspens.

Il s'agit du premier test électoral du chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, dans une région où la formation devra réaliser des gains si elle veut être portée au pouvoir.

Les conservateurs l'avaient emporté en 2011 lorsque Stephen Harper a obtenu une majorité parlementaire. Et sept ans se sont écoulés depuis l'arrivée au pouvoir de l'actuel premier ministre Justin Trudeau.

Les libéraux ont tenté de mettre les chances de leur côté en choisissant un ancien ministre libéral provincial. Et M. Poilievre s'est à peine montré dans le comté au cours de la campagne électorale.

«Les libéraux devraient pouvoir l'emporter», analyse Philippe Fournier, un analyste de la scène politique. 

Toutefois, il prévient que les résultats d'une élection partielle n'ont pas toujours la même signification.

«Si les conservateurs gagnent, c'est une grosse histoire. Si les libéraux l'emportent par cinq ou six points de pourcentage, c'est dans l'ordre des choses», ajoute M. Fournier.

Selon lui, les conservateurs doivent apprendre à gagner dans les environs de Toronto si Pierre Poilievre veut aspirer au poste de premier ministre.

«Quand on regarde la carte électorale, on voit que les conservateurs ont fait le plein au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. Ils peuvent espérer enlever quelques circonscriptions dans l'Atlantique, peut-être deux ou trois autres au Québec, peut-être deux ou trois autres en Colombie-Britannique, analyse-t-il. Mais cela ne leur procurera pas la victoire finale. Ils doivent en gagner plus en Ontario. Où peuvent-ils réaliser des gains? À Mississauga et à Scarborough.»

Le candidat conservateur, Ron Chhinzer, est un policier du Service de la police régionale de Peel et un expert sur les bandes criminelles. Il n'a pas répondu à plusieurs demandes d’entrevues.

Briant Gallant est un électeur conservateur âgé de 53 ans. Même s'il reconnaît ne pas bien le connaître, il compte voter pour lui.

«Je suis tanné des libéraux. Je veux un changement. Nous avons assurément besoin d'un changement», lance-t-il.

Du côté libéral, c'est l'ancien ministre des Finances de l'ancienne première ministre Kathleen Wynne, qui présente sa candidature. Charles Sousa avait perdu sa circonscription de Mississauga-Sud lors des élections provinciales de 2018.

Il compte sur son expérience au service de la collectivité et au sein d'un gouvernement pour convaincre les électeurs de voter pour lui.

«Les gens veulent une personne positive, ouverte d'esprit, prête à les écouter et capable de faire avancer les dossiers. Je tente d'éviter la partisanerie. Je ne me situe pas à une extrémité du spectre», souligne M. Sousa.

Le NPD, qui a terminé au troisième rang loin derrière du vainqueur aux trois dernières élections, présente Julia Kole, une ancienne employée d'un bureau de comté. Elle espère que les électeurs frustrés du Parti libéral jettent leur dévolu sur sa formation plutôt que sur les conservateurs.

«Observons ce que le NPD a pu réaliser. Le gouvernement libéral était indécis, retardait ses décisions, nous avons pu le rendre imputable. Nous sommes petits, mais puissants.»

Un total de 40 candidats se feront la lutte, dont une vaste majorité d'indépendants. Pas moins de 32 candidats indépendants se présentent afin de protester contre la décision de Justin Trudeau de rompre sa promesse de réformer le mode de scrutin.

Aux élections de 2021, le libéral Sven Spengemann l'avait emporté par plus de 3000 votes. Il a démissionné pour tenter d'obtenir un poste à l'ONU.

Marie-Danielle Smith et Sharif Hassan, La Presse Canadienne