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Les démissions d'infirmières s'accumulent dans le réseau de la santé du Nunavik

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22 février 2023
La Presse Canadienne, 2023
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2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

MONTRÉAL — La situation continue de se détériorer dans le réseau de la santé au Nunavik, où les démissions s'accumulent. Le syndicat des infirmières sonne à nouveau l’alarme afin que l’on vienne en aide au personnel épuisé et sans ressources.

Au cours des deux dernières semaines seulement, ce sont neuf infirmières qui ont quitté leur emploi et d'autres songeraient à leur emboîter le pas.

Pour ajouter au manque de personnel, 45 % des infirmières à temps partiel auraient refusé d’offrir des disponibilités pour les mois d’avril, mai et juin en raison du climat de travail actuel qualifié d’invivable.

Par conséquent, il ne reste plus que 11 infirmières pratiquant un rôle élargi – c’est-à-dire qui peuvent poser certains actes médicaux sans la présence d’un médecin – pour desservir sept villages. Les communautés d'Akulivik, d’Umiujaq et d’Ivujivik n'ont aucune infirmière sur place en permanence, alors que la communauté de Puvirnituq dispose d’une seule infirmière.

Les autres villages à se partager le personnel disponible sont ceux de Salluit, d'Inukjuak et de Kuujjuarapik.

Pour ajouter au manque de personnel, la plateforme de recrutement de main-d'oeuvre Perspective Nunavik affiche actuellement 96 postes disponibles dans le domaine de la santé et des services sociaux.

La situation est si grave et le climat de travail serait si toxique que le personnel s'inquiète pour la sécurité de la population inuite.

Dans une pétition adressée à la directrice générale du Centre de santé Inuulitsivik (CSI), Sarah Beaulne, ainsi qu’au ministre de la Santé, Christian Dubé, le Syndicat nordique des infirmières et infirmiers de la Baie d'Hudson (SNIIBH) dénonce les conditions insoutenables et le climat de travail toxique qui règnent dans le réseau de santé au Nunavik.

Mardi soir, la pétition comptait 210 signataires, dont plusieurs personnes qui s’identifient comme des infirmières ou des travailleurs de la santé se disant solidaires avec le personnel de la Baie d’Hudson. Dans le libellé de la pétition, on peut lire que le syndicat dénonce «pour une deuxième fois, les nombreuses irrégularités qui mettent en danger l’intégrité de la pratique infirmière» par la direction du Centre de santé Inuulitsivik (CSI).

Rappelons que le mois dernier, des infirmières avaient fait un premier coup d’éclat en coordonnant un «sit-in» dans les dispensaires tout le long de la côte de la Baie d’Hudson. En réaction, plutôt que de mettre en branle un plan d’action pour améliorer le sort du personnel, le centre de santé s’était tourné vers le Tribunal administratif du travail pour mettre fin à la grève illégale et les forcer à reprendre le travail.

Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.

Ugo Giguère, La Presse Canadienne