Les Communes votent contre la rupture avec la monarchie
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Par La Presse Canadienne, 2022
OTTAWA — La motion du Bloc québécois qui proposait aux députés fédéraux de couper le cordon entre le Canada et la monarchie britannique a, sans surprise, été défaite mercredi à la Chambre des communes, les conservateurs et l'essentiel des libéraux ayant voté contre.
La motion a été rejetée par 266 votes, ne recueillant que 44 voix en faveur.
Quelques rares libéraux ont voté pour ou se sont abstenus. Les néo-démocrates ont été un peu plus nombreux à s'afficher en faveur, comme ce fut le cas pour Alexandre Boulerice et Niki Ashton, par exemple.
Les bloquistes avaient déposé la motion mardi à l'occasion de leur première journée d'opposition de la session parlementaire. Bien qu'ils admettaient s'attendre à perdre le vote, ils estimaient que cela démontrerait aux Québécois, dont les trois quarts sont pour l'abolition de la monarchie, «qui les représente véritablement».
Le chef du Bloc québécois avait longuement défendu l'importance de la proposition, y compris en rappelant que les millions d'électeurs qui votent à chaque élection «ne choisissent jamais un roi, ils choisissent toujours un député». Il avait également mentionné que les élus fédéraux ont l'obligation de prêter serment d'allégeance au roi d'Angleterre «parce qu'on est encore un peuple conquis».
Les libéraux et les conservateurs ont essentiellement évité de véritablement débattre de la question, affirmant qu'il y a d'autres sujets prioritaires comme l'augmentation du coût de la vie.
«Mon Dieu! Ce n'est pas ça qui préoccupe les Québécois, ni les Canadiens, ces jours-ci», avait lancé le premier ministre et chef libéral Justin Trudeau, lors de la période des questions.
Le leader parlementaire adjoint du Parti conservateur avait quant à lui déclaré que la population accorde peu d'intérêt à la personne dont le visage figure sur les billets de vingt, mais plutôt d'avoir «assez de billets de vingt dans leurs poches pour payer leur épicerie à la fin du mois».
Au Nouveau Parti démocratique, les députés étaient libres de voter comme ils l'entendaient. Une députée manitobaine, Niki Ashton, n'y est pas allée par quatre chemins en plaidant que le Canada doit faire «le pas en avant sur le parcours de la décolonisation». D'autres députés de la formation ont pour leur part fait échos aux arguments des deux principaux partis politiques.
La Presse Canadienne