Le tueur au couteau en Saskatchewan «avait un plan», selon un psychologue
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Par La Presse Canadienne, 2024
MELFORT, Sask. — Un psychologue aux enquêtes criminelles a affirmé vendredi que l'auteur de la tuerie en Saskatchewan présentait de nombreux traits psychopathiques et avait planifié son déchaînement d'agressions au couteau.
Myles Sanderson a tué 11 personnes et en a blessé 17 autres dans la communauté crie de James Smith et dans le village voisin de Weldon, au nord-est de Saskatoon, le 4 septembre 2022. L'homme de 32 ans est décédé quelques jours plus tard alors qu'il avait été arrêté par la GRC.
Témoignant vendredi à l'enquête du coroner, à Melfort, le psychologue aux enquêtes criminelles Matt Logan a soutenu que Sanderson ne s'occupait de personne d'autre que de lui-même. M. Logan, un ancien officier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a déclaré que le tueur avait obtenu un score de 33 sur 40 sur une échelle mesurant la psychopathie.
L'expert Logan a expliqué qu'il avait examiné les dossiers judiciaires de Sanderson, s'était rendu dans la communauté crie et avait parlé avec des membres de sa famille. Il n'avait jamais rencontré Sanderson et a déclaré qu'il ne pouvait pas établir de diagnostic officiel.
Mais il a soutenu que le tueur semblait incapable d'éprouver des remords et pouvait exploser de façon imprévisible et violente. Sanderson souffrait probablement également d'un trouble de la personnalité antisociale, d'un trouble explosif intermittent, et il aurait pu aussi souffrir de trouble du spectre de l'alcoolisation fœtale, a déclaré M. Logan. Selon lui, Sanderson courait un risque élevé de récidive violente.
L'enquête du coroner, qui devrait durer au moins deux semaines, a révélé jusqu'ici que Sanderson avait de graves antécédents de violence et d'incarcération. Un jury a entendu jeudi le témoignage émouvant de sa conjointe de fait, Vanessa Burns, qui a relaté 14 ans de violence domestique par Sanderson, le père de ses cinq enfants.
Mme Burns a déclaré jeudi qu'elle et Sanderson s'étaient rendus dans la communauté de James Smith pour vendre de la drogue, mais qu'elle était retournée à Saskatoon après qu'il l'ait agressée.
On a appris à l'enquête que Sanderson et son frère Damien avaient ensuite semé le chaos dans la communauté, les jours qui ont précédé les meurtres, en agressant des personnes et en vendant de la drogue.
Violence domestique
Le psychologue aux enquêtes criminelles a déclaré que les frères Sanderson disaient aux gens qu'ils étaient en mission. Par ailleurs, Myles Sanderson n'avait pas dormi depuis des jours et avait exprimé sa colère envers le gang criminel «Terror Squad», notamment actif en Saskatchewan.
L'épouse de Damien Sanderson a également témoigné jeudi que son mari craignait son frère Myles, qui le traitait de démon. Skye Sanderson a déclaré qu'elle avait appelé le 911 la veille des agressions au couteau, affirmant que son mari avait pris son véhicule sans autorisation. Damien Sanderson était recherché en vertu de mandats d'arrêt non exécutés pour des accusations de violence domestique.
L'enquête a appris que Myles Sanderson avait d'abord tué son frère Damien. Il s'est ensuite rendu dans la communauté crie de James Smith, armé d'un couteau, et il a attaqué d'autres gens.
Le psychologue Logan a évoqué l'enfance instable du tueur, notant que Sanderson avait été ballotté dans différents foyers et avait subi des violences physiques et psychologiques. Il avait déjà des problèmes d'alcool à 13 ans et il s'est mis plus tard à la cocaïne et à la méthamphétamine.
Il avait également un long passé criminel, dont 59 condamnations à l'âge adulte. Il était d'ailleurs en liberté illégale au moment des meurtres.
Plus tôt vendredi, Mandy Maier, qui travaille aux communications à la GRC en Saskatchewan, a déclaré à l'enquête qu'une erreur humaine était à l'origine d'une alerte d'urgence qui ne contenait pas la bonne photo du tueur, dans les premières heures de l'intervention de la police fédérale.
Keith Brown, l'avocat de la Première Nation, a demandé à Mme Maier pourquoi la GRC n'avait pas demandé à la communauté des photos ou une confirmation de l'identité de Sanderson. Elle a répondu que les conversations secondaires avec des membres de la communauté peuvent entraîner un retard lorsque le temps presse.
Kelly Geraldine Malone, La Presse Canadienne