Le syndicat est ouvert à la négociation dans le conflit de travail portuaire en C.-B.
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Par La Presse Canadienne, 2023
Le syndicat qui représente environ 7400 travailleurs dans le conflit de travail portuaire en cours en Colombie-Britannique a envoyé une lettre aux employeurs, décrivant ce qu'il recherche dans une nouvelle convention collective tout en affirmant qu'il s'engage à négocier une résolution.
La lettre arrive un jour après que le ministre fédéral du Travail, Seamus O'Regan, a annoncé qu'il ordonnait au Conseil canadien des relations industrielles de déterminer si un accord négocié est toujours possible dans le conflit et, sinon, d'imposer un accord ou un arbitrage exécutoire final aux deux parties.
Le président de l'International Longshore and Warehouse Union Canada, Rob Ashton, mentionne dans la lettre que les travailleurs «ont hâte de reprendre les discussions et de trouver un terrain d'entente pour l'amélioration de la chaîne d'approvisionnement canadienne et des moyens de subsistance de sa main-d'œuvre».
Cependant, M. Ashton souligne que même si un accord rejeté par les membres du syndicat vendredi incluait «des progrès … dans le traitement de certaines questions liées à la main-d'œuvre», il n'offrait pas de protection aux travailleurs portuaires, car davantage de travaux de maintenance sont sous-traités à des tiers.
Le syndicat affirme que les employeurs doivent «réglementer l'étendue des travaux d'entretien qui peuvent être sous-traités» et fournir davantage «d'efforts conjoints» et de «rétroaction ouverte» avec les travailleurs pour améliorer la sécurité et le bien-être des employés.
Le rejet par le syndicat de l'entente de principe vendredi soir a replongé dans l'incertitude plus de 30 terminaux portuaires et autres sites, alors que la grève du début du mois a interrompu les opérations pendant 13 jours dans des ports clés comme Vancouver, le plus grand du Canada.
Cette lettre fait suite au dernier rejet du syndicat, qui a suscité des appels à l'intervention de la part d'un certain nombre d'entreprises et de dirigeants politiques. Des parties, dont la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, le Conseil canadien des affaires et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, ont toutes exhorté le gouvernement fédéral à légiférer pour mettre fin au conflit.
Le ministre O'Regan a souligné samedi dans sa déclaration que la décision du 19 juillet du premier ministre Justin Trudeau de rencontrer le groupe d'intervention en cas d'incident – une décision généralement réservée aux moments de crise nationale – a montré que «le gouvernement est prêt à toutes les options et éventualités».
«L'état d'incertitude ne peut pas continuer, a déclaré M. O'Regan. Pendant que nos ports de la Colombie-Britannique fonctionnent actuellement, nous avons besoin d'une stabilité à long terme pour les nombreux travailleurs et entreprises qui en dépendent.»
Dans une autre lettre, le chef du Parti conservateur fédéral, Pierre Poilievre, a demandé à M. Trudeau de licencier M. O'Regan et de «nommer un remplaçant qui agira rapidement» pour mettre fin au conflit de travail dans le port.
«Les premiers signes de cette perturbation se sont produits en novembre 2022», a écrit M. Poilievre, faisant référence au moment où le syndicat et les employeurs ont déposé pour la première fois un avis de leur intention de négocier une nouvelle convention. «Vous et votre ministre avez eu près d'un an pour résoudre ce problème, mais vous avez échoué.»
La BC Maritime Employers Association affirme que l'entente rejetée comprenait une augmentation salariale composée de 19,2 % et une prime à la signature d'environ 3000 $ par travailleur à temps plein. Elle a ajouté que le résultat aurait «potentiellement» augmenté le salaire annuel médian des débardeurs syndiqués de 136 000 $ à 162 000 $, sans compter la pension et les avantages sociaux.
La Presse Canadienne