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Le projet de loi C-21 n'est pas la solution unique au crime organisé, dit LeBlanc

durée 13h36
23 octobre 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Par La Presse Canadienne, 2023

OTTAWA — Le ministre de la Sécurité publique, Dominic LeBlanc, soutient que le gouvernement est tout à fait conscient que la lutte au crime organisé et aux violences par armes à feu ne passe pas seulement par son projet de loi C-21.

«Ça fait en sorte que, je crois, ça va réduire le nombre de ces fusils (utilisés dans des meurtres) en circulation, mais ça prend aussi un appui aux polices, aux procureurs. Ça prend des enquêteurs, pas seulement de la GRC, mais (aussi) d’autres forces policières», a dit lundi M. LeBlanc en comparaissant devant un comité sénatorial qui étudie le projet de loi des libéraux de Justin Trudeau.

Il a ajouté que son bureau est en «discussion continuelle» avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour savoir «comment nous pourrons appuyer nos partenaires dans ce sens-là».

Le ministre a d'ailleurs mentionné que son vis-à-vis provincial au Québec, François Bonnardel, a souligné qu'il aimerait voir plus d'actions du fédéral à la frontière avec les États-Unis.

«Je pense que nous pouvons faire beaucoup plus et nous allons le faire», a ajouté M. LeBlanc.

Plusieurs sénateurs ont pris la parole pour reprocher au gouvernement de ne pas en faire assez, avec son projet de loi C-21, pour lutter contre le trafic d'armes illégales à la frontière et pour mater le crime organisé.

«Ça fait quand même huit ans que le gouvernement (libéral) est au pouvoir puis j’ai comme l’impression qu’il y a une incapacité d’accoucher d’une loi qui aurait un impact significatif sur le crime organisé», a par exemple affirmé le sénateur Jean-Guy Dagenais.

L'ancien policier a évoqué «une meilleure surveillance des frontières, de la chasse aux trafiquants d’armes, des peines exemplaires (…) pour ceux qui se font prendre» comme des mesures qui seraient plus efficaces à ses yeux.

«Mais on dirait que l’identification des armes prohibées, c’est comme un genre de cafouillis», a-t-il  lancé.

Le sénateur a néanmoins signalé qu'il allait voter en faveur de C-21, bien qu'il éprouve «quand même une déception».

Le projet de loi, adopté en Chambre en mai dernier, a pour objectif de renforcer le gel des armes de poing mis en place par décret, en octobre dernier, de même que l'interdiction des armes de type d'assaut décrétée en 2020.

Le C-21 a été amendé pour qu'y soit incluse une définition de ce qu'est une arme de type d'assaut prohibée. La définition technique vise à éliminer les échappatoires du décret de 2020 ayant permis d'interdire environ 2000 modèles et variantes.

Or la définition, qui n'inclut pas de liste des différentes armes prohibées, déplaît au plus haut point à l'organisation militant pour un resserrement du contrôle des armes à feu PolySeSouvient. Le groupe en a contre le fait que l'interdiction ne s'appliquera qu'aux armes qui pourraient faire leur entrée sur le marché sans avoir d'effet sur celles qui s'y trouvent déjà.

Ottawa a toutefois promis de s'attaquer, par voie réglementaire, aux chargeurs à grande capacité «afin d'éliminer les failles et les exemptions qui permettent l'accès à des chargeurs de plus de 5 ou 10 cartouches, respectivement pour les armes d'épaule et les armes de poing», a rappelé M. LeBlanc.

Il a aussi relevé que le gouvernement Trudeau a rétabli l'existence du Comité consultatif canadien des armes à feu afin de s'attaquer aux problèmes de classification des armes. Par exemple, ce comité examinera «de manière indépendante la classification des modèles existants qui tombent sous le coup de la nouvelle définition prospective d'arme prohibée dans le projet de loi C-21 et identifier(a) ceux qui sont qualifiés d’armes à feu de chasse afin de les exclure d’un futur décret qui vise à interdire toutes les armes d’assaut existantes».

Le fait que M. LeBlanc énonce de la sorte les intentions d'Ottawa en termes de changements réglementaires rassure PolySeSouvient. «Le message du ministre était clair et sans équivoque. Nous nous permettons maintenant d’espérer que le gouvernement donnera suite à sa promesse d’interdire l’ensemble des armes de style militaire en circulation», a déclaré l'organisation représentant les survivants et les membres de la famille de victimes de la tuerie de Polytechnique.

Le ministre LeBlanc a mentionné qu'il devrait rencontrer des représentants de PolySeSouvient bientôt.

Émilie Bergeron, La Presse Canadienne