Le plafonnement pour les visas d'étude crée un «chaos» dans les collèges ontariens
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Par La Presse Canadienne, 2024
TORONTO — Le plafonnement des visas pour étudiants internationaux annoncé dernièrement crée déjà des ravages et pourrait avoir des conséquences majeures sur la capacité de la province à pourvoir des emplois clés, selon les collèges de l'Ontario.
Les collèges accueillent des étudiants toute l'année et beaucoup d'entre eux sont bien avancés dans le processus de candidature et sont prêts à commencer leurs programmes en mai, a écrit jeudi l'association représentant les 24 collèges publics de la province dans un communiqué.
«Ce nouvel obstacle administratif inattendu a entraîné un chaos total pour les étudiants», a écrit Collèges Ontario.
«Tout le système ontarien est mis sur pause. Les étudiants qui avaient déjà été acceptés dans des programmes – et qui avaient payé leurs frais de scolarité – se voient maintenant renvoyer leur demande de permis d'études. Et cela, souvent sans aucune explication ni voie à suivre. Cette situation totalement arbitraire était entièrement évitable.»
Le gouvernement provincial doit désormais joindre une lettre d'attestation à chaque demande de visas. Cette nouvelle exigence a interrompu le traitement des demandes parce que la province n'avait pas les infrastructures pour prendre en charge un tel processus. Ils demandent au gouvernement fédéral de retarder la mise en œuvre de cette exigence.
Le ministre de l'Immigration, Marc Miller, a annoncé plus tôt cette semaine une réduction de 35 % du nombre de permis d'études cette année, mais avec le plafond total divisé entre les provinces, l'Ontario verra son allocation de nouveaux visas réduite de moitié.
Ce plafond fait suite à une récente augmentation du nombre d'étudiants internationaux et M. Miller a déclaré qu'il visait à décourager les exploitants malintentionnées d'établir des frais de scolarité élevés et d'offrir une éducation de mauvaise qualité.
Les collèges ont indiqué que les diplômés répondent aux principaux besoins du marché du travail dans des domaines tels que les soins de santé, la fabrication de pointe, la construction et l'éducation de la petite enfance.
En 2022, un rapport du vérificateur général de l'Ontario a déclaré que les écoles de la province étaient devenues de plus en plus dépendantes des frais de scolarité des étudiants internationaux, en particulier après que la province a forcé les universités et collèges publics à réduire puis à geler les frais de scolarité des étudiants canadiens en 2019.
Un rapport commandé l'année dernière par le gouvernement de l'Ontario recommandait à la province de débloquer les frais de scolarité et d'augmenter le financement de ses établissements postsecondaires. Le financement provincial des collèges par étudiant s'élève à 6891 $, soit 44 % du chiffre pour le reste du Canada qui est de 15 615 $, a écrit le comité.
La ministre des Collèges et Universités, Jill Dunlop, a déclaré qu'elle souhaitait que les établissements postsecondaires «adoptent une plus grande efficacité opérationnelle».
Allison Jones, La Presse Canadienne