Le peintre Riopelle aurait eu 100 ans ce samedi, et des célébrations sont organisées
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Par La Presse Canadienne, 2023
MONTRÉAL — Le peintre Jean Paul Riopelle, connu pour ses toiles colorées du mouvement automatiste, aurait célébré ses 100 ans ce samedi 7 octobre. Pour l’occasion, des activités sont organisées dans différentes municipalités du Québec pour célébrer le legs de l’artiste.
À Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans les Laurentides, où Riopelle a déjà eu un atelier, un concert en hommage à l’artiste sera présenté samedi soir.
Deux sculptures de l’artiste Jean Bisson Biscornet seront dévoilées pour souligner la mémoire de Riopelle, mais aussi pour rendre hommage à son proche ami, Champlain Charest, qui sera présent à la soirée.
À Mont-Saint-Hilaire, en Montérégie, une cérémonie en hommage à Riopelle aura lieu samedi après-midi, à La Maison autochtone, où deux nouvelles œuvres seront inaugurées. Le ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, Ian Lafrenière, sera d’ailleurs sur place.
Manon Gauthier, directrice générale de la Fondation Jean Paul Riopelle et commissaire générale des célébrations du centenaire, souligne que les événements pour souligner l'événement ont déjà commencé depuis plusieurs mois.
«Bien qu’on célèbre l’œuvre et la carrière de Jean Paul Riopelle, on parle de l’histoire, de sa contribution à l’histoire de l’art, mais ce qui est le plus important pour nous, c’est de faire en sorte qu’on donne une certaine intemporalité en faisant revivre les thématiques qui étaient chères à Riopelle», affirme Mme Gauthier, en entrevue.
Elle estime que des messages véhiculés par l’artiste sont toujours pertinents dans la société aujourd’hui, tels que sa «révérence profonde pour la nature, la faune, la flore».
«Surtout à une époque où on connaît les ravages des changements climatiques, de la négligence humaine, aussi envers la nature, l’environnement, notre planète, je pense que c’est bon de revisiter la vision (et) les valeurs de Jean Paul Riopelle», soutient Mme Gauthier.
Le manifeste le «Refus global», auquel a participé Riopelle, a d’ailleurs célébré ses 75 ans cette année. Ce document, qui annonce notamment la Révolution tranquille en contestant les valeurs traditionnelles québécoises, témoigne de la «soif de liberté» de Riopelle, selon Mme Gauthier.
«Quand on relit cet ouvrage, qui a 75 ans aujourd’hui, on peut en revoir les thématiques qui sont toujours d’actualité, la liberté, la liberté sans compromis», dit-elle. Elle estime que la relation qu’entretenait Riopelle avec les peuples autochtones mérite aussi que l’on s’y attarde aujourd’hui.
«Jean Paul Riopelle avait une fascination, une admiration, et encore là une révérence (envers les peuples autochtones), qui ont inspiré son œuvre (…) de façon à établir un dialogue, et à promouvoir cette communication que permet l’art», détaille Mme Gauthier.
Un legs du centenaire au Musée national des beaux-arts du Québec
Le «grand legs des célébrations du centenaire», indique Mme Gauthier, sera la construction de l’Espace Riopelle au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), un pavillon entièrement destiné à l’œuvre de l’artiste, qui sera inauguré en 2026.
«Le Musée du Québec possède déjà la plus grande collection d’œuvres d’art publique de Riopelle au monde», a souligné Mme Gauthier. La Fondation Jean Paul Riopelle et le gouvernement du Québec ont chacun fait un don de 20 millions $ pour la mise en place du projet. La fondation léguera également des collections privées d’œuvres de Riopelle.
La dernière célébration du centenaire de Riopelle aura lieu cet hiver, alors que la troupe de cirque Les 7 Doigts de la main présentera le spectacle «RIOPELLE Grandeur Nature» du 13 février au 10 mars prochains.
Jean Paul Riopelle, né à Montréal le 7 octobre 1923, est mort à L’Isle-aux-Grues, dans la région de Chaudière-Appalaches, le 12 mars 2002. Il a également passé plusieurs années de sa vie à Paris, en France.
Coralie Laplante, La Presse Canadienne