Le Nouveau-Brunswick est la seule province où les crimes ont été en baisse en 2022
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Par La Presse Canadienne, 2023
FREDERICTON — De toutes les provinces au Canada, seul le Nouveau-Brunswick a connu une baisse des crimes rapportés à la police en 2022 par rapport à l’année précédente, révèlent des données de Statistique Canada.
L’Indice de gravité de la criminalité (IGC) — une donnée qui prend en compte le nombre et la gravité des infractions rapportées à la police — a augmenté de 4 % au Canada en 2022.
Le Manitoba a enregistré la plus forte augmentation, avec 14 %, suivi du Québec, de Terre-Neuve-et-Labrador et de l'Île-du-Prince-Édouard, qui ont tous connu une hausse de 6 %.
Mais le Nouveau-Brunswick a résisté à la tendance nationale, alors que son IGC a connu une baisse de 2 % en 2022 par rapport à 2021.
Selon le professeur émérite à l'école de criminologie de l'Université Simon Fraser, Neil Boyd, il faudra faire des recherches plus approfondies pour comprendre pourquoi le Nouveau-Brunswick a fait bande à part.
«On a tendance à penser que la criminalité augmente ou diminue en fonction des lois qui sont imposées. Mais quand on regarde la législation que nous avons imposée au fil du temps et les modifications au Code criminel, elles n'ont pas vraiment beaucoup d'impact», a-t-il expliqué.
«C'est le changement culturel qui compte», a-t-il noté.
Cependant, la criminalité au Nouveau-Brunswick n'est pas répartie uniformément.
Alors que la criminalité a diminué dans la province en entier, la ville de Fredericton a enregistré une augmentation des crimes sans violence. Cela signifie que si certains crimes violents — vol, extorsion, homicide et agression sexuelle — ont diminué, d’autres infractions contre les biens et méfaits liés à la drogue ont connu une hausse.
Le document de Statistique Canada publié la semaine dernière a révélé une augmentation de 8 % des homicides à travers le pays, alors que 874 ont été signalés l'année dernière comparativement à 796 en 2021.
Il y a eu 225 victimes autochtones d'homicide l'an dernier, soit 32 de plus qu'en 2021. Environ 69 % des victimes autochtones d'homicide ont été identifiées comme faisant partie des Premières Nations, tandis que 3 % étaient des Métis et 4 % des Inuits.
Le rapport indiquait qu'il y avait 9198 victimes de crimes violents dans lesquels une arme à feu avait été utilisée, soit 10 % de plus qu'en 2021. Le taux de victimes de crimes liés aux armes à feu est en hausse depuis 2013.
Selon M. Boyd, il y a «certainement» eu une augmentation de la criminalité au cours des quatre ou cinq dernières années au pays.
«Bien sûr, c'est une préoccupation légitime, mais les changements ne sont pas dramatiques», a-t-il souligné.
Un ensemble de données plus important, couvrant une période de 10 ans, pourrait aider à mieux comprendre le taux de criminalité national, a-t-il analysé.
«Nous devons regarder plus loin que les chiffres. Nous devons obtenir plus de détails et comprendre pourquoi la criminalité augmente», selon lui.
Hina Alam, La Presse Canadienne