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Le Manitoba commémorera le terrible accident d’autobus qui a tué 17 personnes en 2023

durée 08h24
9 juin 2024
The Canadian Press, 2024
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par The Canadian Press, 2024

L'année qui s'est écoulée depuis qu'un accident d'autobus a tué 17 personnes âgées se rendant dans un casino du Manitoba par une belle journée de fin de printemps a été marquée par le chagrin, le soutien de la communauté, un lent retour à la normale et, pour certains, un long chemin vers le rétablissement.

Elle a également laissé des questions sans réponse sur la genèse de l'horrible accident qui a laissé l'autobus en flammes, des débris éparpillés dans toutes les directions et les premiers intervenants face à une scène chaotique.

Dauphin, une ville de 8000 habitants située dans l'ouest du Manitoba, est un endroit tissé serré. La plupart des résidents connaissent quelqu'un ayant été tué ou blessé dans l'accident ou un proche d'une victime.

Samedi prochain, à l'occasion du premier anniversaire, un monument à la mémoire des vies perdues sera dévoilé.

«Le 15 juin restera gravé à jamais dans l'esprit de la plupart des membres de notre communauté, a déclaré le maire de Dauphin, David Bosiak, en entrevue. C'est comme le 11 septembre: les gens se souviennent de ce qu'ils faisaient ce jour-là.»

Don Stokotelny fait partie des nombreuses personnes liées à la tragédie.

Sa mère, Joséphine Stokotelny, âgée de 86 ans, a été grièvement blessée dans l'accident et a passé l'année à se rétablir. Elle a subi des lésions cérébrales, utilise une marchette pour se déplacer et vit dans une résidence pour les personnes âgées ayant besoin d'assistance.

Il connaît également le chauffeur du véhicule puisqu'il l'a déjà embauché pour des sorties en petits groupes. Il considère qu'il est une personne attentionnée.

M. Stokotelny dit avoir choisi le pardon plutôt que la colère.

«Nous avons utilisé ses services pour transporter ma mère et certains de ses amis à d'autres événements, alors il a pris soin de ces personnes comme si elles faisaient partie de sa famille», a-t-il souligné.

«S'il est en faute, alors il a simplement commis une erreur. Et nous l'acceptons et nous n'avons aucun intérêt à examiner cela plus en détail», a-t-il ajouté.

L'autobus a quitté Dauphin avec 25 personnes à bord et se dirigeait vers un casino près de Carberry, à deux heures de route au sud. Il se trouvait sur l'autoroute 5 et approchait de sa destination lorsqu'il est arrivé à un tronçon très fréquenté de la route transcanadienne.

L'autobus a d'abord franchi un panneau d'arrêt, puis un panneau «Cédez le passage» dans le terre-plein central, avant de commencer à traverser les voies en direction est de l'autoroute et d'être heurté par une semi-remorque.

La GRC a fait savoir que la vidéo de la caméra du tableau de bord montre que le camion avait la priorité. L'accident a provoqué l'incendie de l'autobus, qui s'est retrouvé dans un fossé.

Mme Stokotelny a été éjectée du véhicule et transportée à l'hôpital dans un état critique. Son fils se souvient l'avoir vue grièvement blessée, incapable de respirer par elle-même.

«Elle était brisée de la tête aux pieds. Il y avait 17 appareils différents branchés sur elle – des tubes, des appareils respiratoires, etc. Pendant longtemps, nous ne savions pas si elle allait s'en sortir», a raconté M. Stokotelny.

«C'était une scène dévastatrice»

Les équipes d'urgence se sont précipitées sur les lieux. Des survivants ont été envoyés à l'hôpital de Brandon et plusieurs autres ont été transportés par avion vers le principal centre de traumatologie de la province, à Winnipeg. Un hélicoptère STARS a fait venir des renforts de la Saskatchewan.

«C'était une scène dévastatrice. Partout où les membres de l'équipe regardaient, il y avait un traumatisme», a déclaré Grant Therrien, de STARS, qui faisait partie de l'équipe traitant et transférant les patients à Brandon.

Des funérailles ont eu lieu dans les jours qui ont suivi. Certaines personnes qui ont survécu dans un premier temps sont mortes plus tard. C'est le cas de la 17e victime, Catherine Day, décédée un mois après l'accident.

Le conducteur de l'autobus a lui aussi été grièvement blessé. La GRC a déclaré qu'elle n'avait pas pu lui parler et que les responsables de la santé ne pouvaient pas divulguer de détails sur son état en raison des lois provinciales sur la protection de la vie privée.

La GRC a soumis un rapport sur l'accident au bureau du procureur de la Couronne du Manitoba, qui n'a pas encore décidé si des accusations seraient portées.

À Dauphin, le drame continue de se faire sentir. Pour certains, les réunions de famille et les fêtes de fin d’année rappellent le départ d’un être cher.

«Au fil du temps, la communauté est revenue à la normale. Cependant, pour les 16 ou 17 familles qui ont été directement touchées, il y a eu énormément de changements», a rappelé le maire de Dauphin.

M. Stokotelny a souligné que la cérémonie commémorative sera l'occasion pour les familles de se soutenir mutuellement et de «voir comment tout le monde va».

Steve Lambert, La Presse Canadienne