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Le gouvernement canadien veut prévenir les violences sexuelles en Haïti

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5 octobre 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Par La Presse Canadienne, 2023

OTTAWA — Affaires mondiales Canada affirme qu'Ottawa veut aider la population d'Haïti à prévenir les violences sexuelles, en prévision d'une intervention militaire multinationale dans le pays.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé, lundi, la création d'une force multinationale pour aider à combattre les gangs violents en Haïti, que le Kenya a proposé de diriger d'ici janvier.

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a déclaré que le Canada était en train de déterminer la meilleure façon d'aider Haïti, tandis que le député libéral d'arrière-ban, Emmanuel Dubourg, a dit qu'il pensait qu'il était peu probable que le Canada envoie des troupes.

Affaires mondiales Canada affirme dans une nouvelle déclaration qu'Ottawa «se concentre sur la prévention des violences sexuelles et basées sur le genre» en Haïti, soulignant que les gangs utilisent la violence sexuelle comme moyen de contrôler la population.

Lors de précédentes interventions militaires en Haïti, les habitants ont signalé une exploitation sexuelle généralisée de la part de leurs concitoyens et des armées étrangères.

Des responsables fédéraux devraient témoigner au Sénat sur la crise en Haïti.

Le premier ministre non élu d'Haïti a demandé une intervention internationale l'année dernière, et l'idée a semé la discorde parmi les Haïtiens, bien qu'elle soit soutenue par l'ONU et Washington.

Le pays est confronté à une profonde crise de la sécurité exacerbée par des gangs criminels effrontés, depuis le milieu de l’année 2021, entraînant une violence endémique, des épidémies de choléra, ainsi qu'un accès restreint à l’eau, à la nourriture et aux soins médicaux.

Mme Joly a imposé des sanctions à plusieurs élites politiques et économiques d'Haïti, arguant que cela aiderait à parvenir à un consensus parmi les acteurs politiques sur la manière dont les autres pays peuvent aider au mieux les Haïtiens à trouver la stabilité, et éventuellement, à organiser des élections.

Washington avait demandé au Canada de mener une intervention militaire, mais le premier ministre Justin Trudeau a déclaré qu'il n'était pas clair si une telle décision conduisait à une stabilité à long terme dans le pays, citant de multiples interventions antérieures qui, selon lui, avaient rendu Haïti encore moins stable.

La ministre Joly a fait valoir, mardi, qu'Ottawa «prend note» de l'autorisation de l'ONU d'intervenir, mais son ministère affirme maintenant que le Canada «accueille favorablement» la décision.

«Il est essentiel que les interventions des forces axées sur la sécurité soient suivies de solutions dirigées par les Haïtiens, qui comprennent une police nationale haïtienne robuste, bien entraînée et bien équipée», a écrit le porte-parole d'Affaires mondiales Canada, John Babcock.

Il a souligné que «le Canada a également engagé d'importantes ressources financières et humaines» pour aider à coordonner la manière dont les différents pays peuvent soutenir la police haïtienne, en plus de l'équipement des policiers et de l'aide humanitaire.

Le chef d'état-major de la Défense, le général Wayne Eyre, a déclaré, en mars, qu'il n'y avait pas suffisamment de forces armées disponibles pour mener une telle mission.

Le député Emmanuel Dubourg, qui est né en Haïti, a soutenu qu'il était plus probable que le Canada envoie une assistance technique et en matière de renseignements aux forces stationnées sur le terrain ou dans les pays voisins.

Dylan Robertson, La Presse Canadienne