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Le gouvernement albertain enquête sur les frais médicaux d'une clinique

durée 16h36
24 juillet 2023
La Presse Canadienne, 2023
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

EDMONTON — Le gouvernement de l'Alberta mène actuellement des vérifications auprès d'une clinique de Calgary qui promet un accès accéléré à un médecin de famille ainsi que d'autres avantages aux patients s'ils paient jusqu'à 4800 $ par année.

«Le gouvernement de l'Alberta demeure fidèle aux principes de la Loi canadienne sur la santé. Les Albertains n'ont pas à payer de leur poche pour des services de santé assurés comme consulter un médecin de famille ou une visite à l'hôpital – cela ne changera pas», a déclaré lundi le porte-parole d'Alberta Health, Scott Johnston, dans un communiqué.

«Tous les médecins doivent également suivre les normes de pratique établies par leurs ordres professionnels. Le gouvernement continuera d'examiner ces cas pour s'assurer que toutes les lois sont respectées», a-t-il ajouté.

M. Johnston répondait à un récent courriel envoyé par la clinique médicale Marda Loop à ses patients, obtenu et diffusé aux médias lundi par l'opposition néodémocrate.

Ce courriel informe les patients qu'à compter du 1er août, la clinique passera à un service basé sur l'adhésion assortie de frais annuels de 2200 $ pour un adulte individuel et de 4800 $ pour une famille.

Pour ces frais, les patients se voient promettre des temps d'attente réduits pour voir un médecin, des rendez-vous prolongés si nécessaire, des analyses de sang à domicile, des soins en collaboration avec l'équipe de santé et des rabais sur les soins de la peau et la physiothérapie.

Le courriel de la médecin et propriétaire de la clinique, la Dre Sally Talbot-Jones, indique aux patients que la décision a été prise de fournir de meilleurs soins en réponse aux préoccupations des patients concernant les longues attentes pour les rendez-vous.

Dans son courriel, la clinique promet de garder un jour par semaine ouvert pour les patients qui ne s'inscrivent pas à l'adhésion.

Aucune information sur le nouveau programme d'adhésion n'a pu être trouvée sur le site Web de la clinique.

Zone grise juridique

La clinique Marda Loop et la Dre Talbot-Jones n'ont pas pu être jointes pour commenter.

La clinique est ouverte en semaine, mais un message sur le répondeur de la clinique a indiqué lundi qu'elle était fermée pour le reste de la journée.

Un courriel à la clinique demandant des informations et un entretien avec la Dre Talbot-Jones n'a pas reçu de réponse immédiate.

Le Collège des médecins et chirurgiens de l'Alberta n'a pas immédiatement commenté le dossier.

La porte-parole de l'opposition en matière de santé du Nouveau Parti démocratique (NPD), Luanne Metz, a déclaré que le plan de la clinique Marda Loop semble se situer dans une zone grise juridique d'accès universel aux services médicaux assurés.

«Ils peuvent contourner la Loi canadienne sur la santé en offrant des rendez-vous un jour par semaine sans les frais d'adhésion afin de pouvoir faire valoir que tous leurs services assurés sont toujours disponibles. Mais cela donne un accès privilégié à ceux qui paient les frais», a expliqué Mme Metz aux journalistes à Calgary.

«Et même si cela n'enfreint pas clairement la loi, nous savons tous que dans la vraie vie, cela ne fonctionnera tout simplement pas pour les personnes qui ont besoin de voir leur médecin de famille immédiatement et régulièrement», a-t-elle poursuivi.

Mme Metz a déclaré que la première ministre Danielle Smith et la ministre de la Santé Adriana LaGrange doivent dire aux Albertains ce qu'ils feront, le cas échéant, à propos du plan d'adhésion à Marda Loop.

«L'Alberta risque de perdre les transferts de santé du gouvernement fédéral si nous contournons la Loi (canadienne) sur la santé, mais c'est à notre gouvernement de décider s'il veut laisser cela se produire», a déclaré Mme Metz.

Mme Smith a fait face à des inquiétudes concernant les commentaires qu'elle a faits avant qu'elle ne devienne première ministre l'automne dernier, comme le fait de préconiser dans de multiples entrevues et dans un document de politique universitaire que les Albertains devraient payer de leur poche certains services médicaux nécessaires – comme consulter un médecin de famille – pour s'assurer que le système peut rester viable à long terme.

Toutefois, Mme Smith a depuis promis que son gouvernement s'engageait à maintenir l'assurance-maladie.

Sa lettre de mandat à la ministre LaGrange la semaine dernière l'a exhortée à améliorer le système «dans le cadre des piliers de la Loi canadienne sur la santé et, surtout, conformément à la garantie de soins de santé publique de notre gouvernement selon laquelle aucun Albertain n'aura jamais à payer de sa poche pour voir son médecin ou recevoir un traitement médical nécessaire».

L'Alberta, comme d'autres juridictions, essaie de recruter plus de médecins et de travailleurs de la santé pour pourvoir les postes vacants, en particulier dans les régions rurales et éloignées, afin d'alléger la pression sur les services d'urgence.

Dean Bennett, La Presse Canadienne