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Le communautaire en a assez de l'inaction de Montréal dans la lutte contre le sida

durée 09h15
14 février 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Par La Presse Canadienne, 2023

MONTRÉAL — Un peu plus de six mois après la tenue de la Conférence internationale sur le sida à Montréal, les organismes communautaires qui luttent contre le virus du VIH en ont assez de l'inaction des élus et ont décidé de couper les ponts.

Dans un communiqué publié mardi matin, la Table des organismes communautaires montréalais de lutte contre le sida (TOMS) annonce qu'il ne lui est «plus possible» de demeurer au sein de l'alliance «Montréal sans sida». Ce plan d'action, qui inclut aussi la Direction régionale de santé publique, a été mis sur pied dans la foulée de la Déclaration de Paris et s'inscrit dans le cadre du projet «Fast-track cities» auquel contribuent les Nations unies.

La trentaine d'organismes membres de la TOMS dénoncent «le désengagement des élus montréalais et de la mairesse Valérie Plante» dans la lutte contre le sida. Ils disent attendre depuis plus de deux ans que les élus municipaux s'engagent «envers la réalisation du plan d'action de l'initiative et envers les cibles intermédiaires de l'ONUSIDA».

La TOMS reconnaît que la signature de la Déclaration de Paris a été «l'une des premières actions de la mairesse lors de son entrée en poste en 2017». Or, Valérie Plante n'aurait pas signé les versions amendées de la déclaration.

«Le silence réservé à nos demandes quant à la signature de la dernière version de la déclaration de Paris et de la déclaration de Séville s'avère assourdissant», peut-on lire dans le communiqué.

Dévoilé en 2018, le plan d'action de Montréal sans sida «devait être le premier pas ambitieux d'une démarche d'implication des personnes vivant avec le VIH et des communautés touchées par le VIH», soutient la TOMS, mais seule une campagne de sensibilisation en serait sortie. Les organismes communautaires déplorent que l'objectif principal d'améliorer les conditions de vie des communautés marginalisées semble écarté.

Plus que l'inaction des élus montréalais, les organismes communautaires décrient les pratiques répressives des autorités contre les groupes marginalisés. Ils lancent un appel à un véritable engagement et un travail en profondeur sur la réduction des méfaits et la lutte contre l'épidémie de sida afin qu'elle soit chose du passé d'ici 2030.

D'ici là, le communautaire est déterminé à ne plus servir de caution pour permettre aux politiciens de marquer des points sur son dos.

Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.

Ugo Giguère, La Presse Canadienne