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La tempête Philippe ne sera pas aussi grave que Lee, mais la N.-É. se remet encore

durée 11h57
7 octobre 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Par La Presse Canadienne, 2023

HALIFAX — Les dégâts causés par les catastrophes météorologiques répétées s'accumulent dans le sud de la Nouvelle-Écosse, rendant la région plus vulnérable aux tempêtes, même celles qui ne sont pas beaucoup plus fortes qu'une bourrasque d'automne ordinaire, a déclaré une conseillère municipale de la région d'Halifax.

Les météorologues estiment qu'il est peu probable que la tempête post-tropicale Philippe frappe les Maritimes ce week-end avec les mêmes vents violents provoqués par la tempête post-tropicale Lee le mois dernier.

Mais c'est peu de réconfort pour Pam Lovelace, la représentante municipale d'une région rurale à l'ouest du centre-ville d'Halifax, qui comprend le célèbre phare de Peggy's Cove.

Le district de Mme Lovelace comprend la région de Tantallon et Hammonds Plains, où des incendies de forêt ont détruit plus de 150 maisons plus tôt cette année. La région a également été frappée par des inondations historiques en juillet, après que de violents orages ont déversé plus de 200 millimètres sur certaines parties de la province, détruisant des routes, endommageant des maisons et faisant quatre victimes. 

«Il y a absolument un effet cumulé de toutes ces catastrophes, a affirmé Mme Lovelace samedi. Les arbres et les branches sont vulnérables, les gens sont vulnérables, et c'est encore une fois une tempête de plus qui arrive et qui pourrait potentiellement couper l'électricité pendant des jours.»

Environnement Canada a publié des déclarations de cyclones tropicaux pour la côte sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, avertissant que les précipitations totales pouvaient atteindre 60 millimètres et les rafales de vent pouvaient atteindre 90 km/h. Certaines parties du centre du Nouveau-Brunswick, notamment Fredericton, Saint-Jean et Edmundson, pourraient également être inondées par 60 millimètres de pluie, a indiqué l'agence fédérale. 

À titre de comparaison, la tempête post-tropicale Lee a provoqué des vents d'environ 110 km/h lorsqu'elle a touché terre sur Long Island, en Nouvelle-Écosse, il y a trois semaines.

Le météorologue principal au Centre canadien de prévision des ouragans, Chris Fogarty, a averti que Philippe pouvait encore faire tomber des branches sur les lignes électriques et couper l'électricité à certaines personnes, mais il a noté que ce n'est pas rare en Nouvelle-Écosse, même lors des tempêtes plus faibles.

Selon M. Fogarty, la tempête Philippe «n'est certainement pas de l'intensité de Lee». Philippe affectera les mêmes zones le long de la côte atlantique de la Nouvelle-Écosse qui ont subi le plus gros préjudice de Lee, a-t-il ajouté.

Les vents et les pluies devraient s'intensifier samedi soir, avec un pic vers minuit, a indiqué M. Fogarty. On craignait que la tempête ne frappe à marée haute, mais il semblait plus probable que ses pires impacts se produiraient près de la marée basse, ce qui réduit la menace d'inondation côtière.

Lee a inondé les routes du district de Mme Lovelace, ce qui a fait tomber des arbres et des lignes électriques. Les arbres brûlés en noir lors des feux de forêt du début de l'année sont plus facilement renversés par des vents plus faibles, a expliqué le météorologue. 

Les accotements routiers, les ponceaux et les systèmes de drainage sont encore endommagés par Lee, par les inondations de juillet et même par la tempête post-tropicale Fiona de l'année dernière. 

Une route reliant le phare de Peggy's Cove au centre-ville d'Halifax est d'ailleurs toujours maintenue en un seul tronçon par un pont temporaire à une voie après avoir été emportée par les inondations.

Tout cela signifie que Philippe – ou des tempêtes similaires – pourrait avoir plus de facilité à causer encore plus de destructions, a déclaré Mme Lovelace.

Elle a souligné que la municipalité régionale d'Halifax était toujours confrontée à des coûts de réparation de plus de 20 millions $ à la suite de ces catastrophes, y compris celle de Fiona, selon un rapport remis en septembre à son comité des finances.

Certains habitants du quartier de Mme Lovelace étaient inquiets à l'approche de Philippe, surtout par rapport aux pannes de courant. D'autres se sentaient mieux préparés parce qu’ils ont réussi à résister par le passé et savent comment se préparer.

«Nous sommes fatigués et épuisés par tous ces désastres, a-t-elle déclaré. Avec le long week-end, l'espoir était de se retrouver en famille et de profiter de la famille, mais pour certaines personnes, cela ne sera peut-être pas possible.»

M. Fogarty a souligné que la saison des ouragans de cette année a déjà connu plus de tempêtes nommées qu'une année normale, et qu'elle ne sera pas terminée avant un mois et demi.

La Presse Canadienne