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La résistance s'organise contre la politique sur l'identité de genre en Saskatchewan

durée 10h18
24 août 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

Fran Forsberg s'est battue il y a des années pour que le genre de son enfant ne soit plus inscrit dans son certificat de naissance.

Maintenant confrontée aux changements apportés par le gouvernement du Parti saskatchewanais dans la politique de pronoms et de prénoms dans les écoles, elle se dit prête à reprendre le combat. Et elle croit que cette fois, elle aura une plus grande armée derrière elle. 

Cette mère de Saskatoon, qui a deux enfants transgenres, a été il y a 10 ans au centre d'une plainte en matière de droits de la personne. En 2014, l'Agence de l'état civil de la Saskatchewan refusait de modifier le genre de sa fille Renn sur son certificat de naissance.

L'affaire a cheminé devant les tribunaux et en 2018, une juge a statué qu'il serait discriminatoire de ne pas supprimer des certificats de naissance l'identité de genre des jeunes qui en font la demande.

Aujourd'hui, à la suite des changements apportés en Saskatchewan, Mme Forsberg envisage de déposer une nouvelle plainte en matière de droits de la personne, éventuellement cette fois avec d'autres plaignants. 

Le gouvernement du Parti saskatchewanais a annoncé que les administrations scolaires doivent exiger désormais le consentement des parents lorsque des jeunes de moins de 16 ans souhaitent changer de prénom ou de pronoms à l'école.

«Je n'en reviens pas, pour vous dire la vérité, a déclaré Mme Forsberg. J'ai l'impression que nous avons fait beaucoup de progrès avec la décision du tribunal [il y a cinq ans] et maintenant, tout ça semble avoir été complètement balayé.»

Le ministre de l'Éducation, Dustin Duncan, a expliqué cette semaine que le ministère avait apporté ces changements parce qu'il souhaitait normaliser les politiques dans toutes les divisions scolaires. Il a aussi soutenu qu'il avait entendu les préoccupations de parents et d'enseignants.

Le ministre a aussi annoncé que les parents pourraient retirer leurs enfants des cours d'éducation à la sexualité à l'école, et que ces cours ne pourront plus être dispensés par des organismes extérieurs.

Les organismes de défense des droits de la personne et des droits des personnes LGBTQ+ ont aussitôt condamné cette décision, affirmant que la politique mettrait en danger certains enfants trans s'ils ne sont pas acceptés à la maison. Les organismes s’inquiètent également des préjudices potentiels sur les enfants si les enseignants ne peuvent plus s’adresser aux élèves par le prénom qu’ils préfèrent.

L'Association canadienne des libertés civiles a déjà déclaré qu'elle envisageait de contester la mesure devant les tribunaux. Cette même association a déjà menacé de poursuivre le gouvernement progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, qui a apporté des changements similaires en juin.

Mme Forsberg, elle, a prévu une manifestation dimanche à Saskatoon devant le bureau de comté du ministre Don Morgan, où elle espère attirer de nombreux participants. «Même permettre à un parent de retirer son enfant de l'éducation à la sexualité, pour moi, c'est tellement faire marche arrière», a-t-elle dit.

L'opposition néo-démocrate estime que le gouvernement du Parti saskatchewanais courtise la droite depuis que le Parti uni de la Saskatchewan, de centre droit, a gagné du terrain lors d'une élection partielle dans un comté rural. Sur les réseaux sociaux, le Parti uni a d'ailleurs qualifié de victoire les changements apportés à la politique scolaire sur l'identité de genre.

Jeremy Simes, La Presse Canadienne