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La femme tuée par son conjoint avec leurs deux enfants avait porté plainte au SPVM

durée 12h54
24 octobre 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Par La Presse Canadienne, 2023

MONTRÉAL — Une Montréalaise assassinée avec ses deux jeunes fils par son ex-conjoint en 2019 avait déclaré à la police plus d'un an auparavant qu'elle avait reçu des menaces de mort et croyait qu'il souffrait de maladie mentale, a-t-on appris mardi à l'enquête de la coroner.

En août 2018, Dahia Khellaf avait déposé une plainte contre son conjoint pour violence conjugale auprès du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Elle a alors relaté à la police des incidents au cours desquels Nabil Yssaad lui avait tordu le bras et avait tenté de la mordre à la sortie d'un rendez-vous à la banque, et qu'il l'avait déjà menacée avec des ciseaux.

Mme Khellaf a expliqué à la police qu'elle voulait se séparer de son mari, qu'elle se demandait s'il souffrait de schizophrénie et qu'elle craignait pour sa propre sécurité, mais pas pour celle de ses enfants.

C'est la sergente-détective Caroline Raza, du SPVM, qui a fait part de ces allégations, mardi, au cours de la deuxième journée d'audience dans l'enquête publique de la coroner sur les meurtres de Mme Khellaf, âgée de 42 ans, et de ses fils Adam, quatre ans, et Aksil, deux ans, chez eux à Pointe-aux-Trembles en 2019.

Les enquêteurs de la Section des crimes majeurs au SPVM ont conclu que les trois victimes avaient été étranglées par Yssaad, avant qu'il n'aille s'enlever la vie dans la région de Joliette, en sautant de la fenêtre d'un hôpital.

Le coroner en chef du Québec a ordonné la tenue de cette enquête publique après qu'un premier rapport du coroner sur ces décès ait soulevé des préoccupations quant au travail des autorités, notamment des procureurs et du système judiciaire. Le coroner concluait alors qu'on aurait pu en faire davantage pour protéger Mme Khellaf et ses deux jeunes enfants.

Le rapport du premier coroner souligne que cinq jours avant les meurtres, Yssaad avait signé un engagement de ne pas troubler l'ordre public qui lui interdisait de se trouver à moins de 100 mètres du domicile ou du lieu de travail de Mme Khellaf.

Lorsque cet engagement de ne pas troubler l’ordre public a été signé, la Couronne a abandonné quatre accusations contre lui, notamment pour agression et menace visant sa femme.

La coroner Andrée Kronström préside cette enquête publique, à Joliette.

La Presse Canadienne