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La décision d'Ottawa de se tourner vers La Haye pour les tombes anonymes est décriée

durée 06h57
10 février 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Par La Presse Canadienne, 2023

OTTAWA — L'interlocutrice spéciale indépendante nommée par Ottawa dans le dossier des tombes non marquées près des anciens pensionnats pour Autochtones estime que la décision du gouvernement de faire appel à une organisation internationale manque de transparence et risque de causer du tort.

Kimberly Murray a indiqué qu'elle avait fait part de ses préoccupations directement au ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, au sujet de la décision de son ministère de dépenser 2 millions $ pour obtenir l'expertise de la Commission internationale pour les personnes disparues.

Cette organisation, qui a son siège à La Haye, aux Pays-Bas, se spécialise dans l'identification des restes des personnes qui ont disparu ou ont été tuées à la suite de conflits armés, à cause de violations des droits de la personne ou dans des catastrophes naturelles, comme la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic en 2013. 

Au cabinet du ministre Miller, on expliquait que cette  organisation internationale entreprendrait une «campagne de sensibilisation à travers le pays» auprès des communautés autochtones qui cherchent à connaître leurs options pour identifier ou rapatrier les éventuels restes des enfants qui ont été forcés de fréquenter les pensionnats fédéraux.

À la suite de ces rencontres qui, selon le cabinet du ministre, se feront avec l'aide de «facilitateurs autochtones locaux», la commission devra soumettre ses recommandations au gouvernement dans un rapport.

Mais Kimberly Murray, qui a été nommée l'an dernier «interlocutrice spéciale indépendante pour les enfants disparus et les tombes et les sépultures anonymes», se dit préoccupée par le manque de consultation des dirigeants autochtones avant qu'Ottawa ne signe ce contrat.

«Il n'y a pas de transparence», a-t-elle déploré lors d'une récente entrevue. 

Mme Murray, qui a été directrice générale de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, de 2010 à 2015, s'inquiète du manque d'expérience de cette commission internationale en matière de travail avec les survivants des pensionnats canadiens. 

Elle se demande aussi pourquoi le gouvernement fédéral sollicite un autre rapport sur la question, alors qu'il a créé justement un poste d'interlocutrice spéciale pour lui fournir des recommandations. 

«Ils ont créé des mécanismes dirigés par des Autochtones, mais en même temps, c'est presque comme s'ils avaient besoin d'un rapport parallèle d'une entité non autochtone pour obtenir une quelconque crédibilité, estime Mme Murray. Et ils le font pour ainsi dire en catimini.»

Une porte-parole au cabinet du ministre Miller a déclaré jeudi soir que «les accords et les documents seront partagés le cas échéant, avec la contribution de toutes les parties».

Stephanie Taylor, La Presse Canadienne