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La Chambre des communes reprend ses travaux après la pause des Fêtes

durée 23h00
28 janvier 2024
La Presse Canadienne, 2024
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2024

OTTAWA — Les libéraux ont l'intention d'agir rapidement pour que le projet de loi sur le libre-échange avec l'Ukraine soit à nouveau débattu et de faire pression sur les conservateurs pour qu'ils le soutiennent, alors que les députés reviennent lundi à la Chambre des communes après la pause des Fêtes.

Le projet de loi visant à mettre en œuvre un accord de libre-échange actualisé entre le Canada et l’Ukraine est devenu un sujet politique inattendu à l’automne, lorsque les conservateurs ont voté contre pour protester contre la tarification du carbone.

L'Ukraine a un prix du carbone depuis 2011 et le Canada depuis 2019, mais l'accord de libre-échange actualisé appelle les deux pays à promouvoir la tarification du carbone.

Les conservateurs affirment qu'ils ont voté contre le projet de loi uniquement parce qu'ils ne soutiendront aucune promotion de la tarification du carbone et n'ont montré aucun signe de volonté de bouger.

Pendant ce temps, les conservateurs ne perdront pas de temps pour proposer une exclusion de la tarification du carbone pour les agriculteurs, avec le potentiel de creuser davantage de trous dans l'une des politiques climatiques phares des libéraux.

Le projet de loi conservateur sur la tarification du carbone, visant à supprimer certains combustibles agricoles supplémentaires de la tarification du carbone, a été amendé au Sénat et fera l'objet d'un débat plus approfondi lundi matin.

Plusieurs organisations ukrainiennes au Canada ont critiqué les conservateurs pour leur vote contre le projet de loi de libre-échange ukrainien et les libéraux s'en sont emparés, accusant les conservateurs de se plier aux commentateurs et politiciens américains de droite qui ont pris le parti de la Russie plutôt que celui de l'Ukraine dans le conflit.

Le leader libéral à la Chambre, Steven MacKinnon, a déclaré que le projet de loi serait bientôt soumis au débat, tout comme la loi visant à mettre en œuvre l'énoncé économique de l'automne et celle interdisant le recours à des travailleurs de remplacement dans la plupart des lieux de travail sous réglementation fédérale.

M. MacKinnon a affirmé que le chef conservateur Pierre Poilievre avait un choix à faire concernant l'Ukraine.

«Vous savez, nous sommes les seuls à ne pas ridiculiser sa position à ce sujet», a soutenu M. MacKinnon.

M. Poilievre a déclaré que les conservateurs entreprendront la session en se concentrant sans relâche sur l'adoption du projet de loi C-234.

L’essence et le diesel utilisés dans les exploitations agricoles sont déjà exemptés de la tarification du carbone, car pour la plupart, il n’existe aucune alternative. Le projet de loi, présenté par le député conservateur Ben Lobb, vise également à supprimer la tarification du carbone pour le gaz naturel et le propane.

Le projet de loi a été adopté facilement par la Chambre des communes il y a près d'un an, avec le soutien de tous les partis, à l'exception des libéraux. Mais le Sénat a voté en faveur d'un amendement au projet de loi en décembre, ne laissant exempter que le propane destiné au séchage des céréales.

M. Lobb a dit dimanche qu'il avait rejeté ces amendements, déclarant aux journalistes qu'il s'attendait à ce qu'ils reviennent à la Chambre tel qu'ils avaient été initialement rédigés.

Ce projet de loi doit maintenant être débattu à la Chambre des communes et, s'il est adopté, il mettra le premier ministre Justin Trudeau et le ministre de l'Environnement Steven Guilbeault dans une situation politique délicate. 

Tous deux se sont engagés à ne plus exempter de la tarification du carbone après avoir décidé en octobre de la supprimer du mazout pendant trois ans. Cette décision, qui, selon eux, visait à donner aux utilisateurs de mazout plus de temps et d'argent pour remplacer leurs fournaises au mazout par des pompes à chaleur électriques, a suscité d'importantes critiques politiques.

Alors que le mazout est plus répandu dans les Maritimes, les libéraux ont été accusés de se plier aux exigences de la région pour regagner des votes.

L'abordabilité et l'assurance médicaments dans les discussions

M. Poilievre débutera l'année 2024 au Parlement de la même manière qu'il l'a fait l'année précédente, en se concentrant comme un faucon sur les inquiétudes liées au coût de la vie qui tourmentent les Canadiens, qui vont de l'abordabilité du logement aux prix de l'épicerie.

Sa décision de le faire tout au long de 2023 l'a vu se hisser en tête des sondages, laissant les libéraux de M. Trudeau se démener pour rattraper leur retard.

«Les conservateurs se battront tout au long de cette session», a fait valoir M. Poilievre à son caucus dimanche.

«Supprimer l'impôt. Construire des maisons. Réparer le budget. Arrêter le crime.»

Attirer les Canadiens préoccupés par la criminalité dans leurs villes est un autre objectif majeur des conservateurs, tout comme le soutien croissant au sein de la classe ouvrière du pays, en particulier dans les circonscriptions détenues par le Nouveau Parti démocratique (NPD) et les Libéraux dans le nord de l'Ontario, à l'intérieur de la Colombie-Britannique et sur l'île de Vancouver.

En ce qui concerne le projet de loi des libéraux visant à interdire le recours à des travailleurs de remplacement dans les lieux de travail sous réglementation fédérale, les conservateurs n'ont pas encore énoncé leur position.

Les néo-démocrates et les libéraux continuent de négocier sur ce à quoi pourrait ressembler un premier programme d’assurance médicaments.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a affirmé que travailler avec les libéraux sur une loi sur l'assurance médicaments était comme lutter contre des anguilles couvertes d'huile.

M. Singh a déclaré lors d'une assemblée publique à Edmonton, où les néo-démocrates ont tenu une retraite du caucus la semaine dernière, qu'il avait pris la description de l'anguille du porte-parole de son parti en matière de santé, Don Davies, qui négociait avec le gouvernement un projet de loi-cadre.

Mia Rabson et Stephanie Taylor, La Presse Canadienne