L'organisme Portage, qui vient en aide aux personnes toxicomanes, fête ses 50 ans
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Par La Presse Canadienne, 2023
MONTRÉAL — L’organisme Portage, qui vient en aide aux personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie, célèbre ses 50 ans dimanche, lors de son annuelle Fête de la reconnaissance, qui reconnaît le travail des finissants de ses programmes dans les environs de Montréal, mais aussi ceux qui ont vécu une année de sobriété.
Plus de 150 personnes qui ont terminé une thérapie au centre de Prévost, dans les Laurentides, ou dans un centre de Portage à Montréal, recevront un diplôme sur la scène de la Place des Arts, dans la métropole, dimanche.
«On va leur remettre un diplôme, et leur famille est invitée aussi pour être sur place. C’est vraiment une célébration où il y a beaucoup d’émotions», raconte Seychelle Harding, directrice des communications chez Portage.
L’organisme offre des services aux personnes ayant des problèmes de consommation de drogue, d’alcool ou de jeu au Québec, dans des provinces des Maritimes et en Ontario. Il offre des thérapies de trois à six mois aux adolescents et aux adultes, incluant les femmes enceintes et les mères. Portage a un centre de jour à Montréal et à Québec, mais les autres thérapies se déroulent en résidence.
«On voit une hausse de demandes pour nos services, surtout pour adultes. (Pour) les 18 ans et plus, on a une forte demande, on a des listes d’attente qui ne sont pas très longues, ça roule quand même assez bien, précise Mme Harding. La pandémie a été difficile pour tout le monde, surtout pour ceux qui sont vulnérables. Donc on voit plus de problèmes de santé mentale, d’anxiété, de dépression depuis la pandémie.»
La majeure partie de la clientèle de l’organisme est constituée d’adolescents.
En 50 ans, la thérapie offerte par Portage reste la même, mais l’organisme a remarqué que les drogues sont «plus dangereuses» qu’auparavant, notamment en raison de la présence de fentanyl et la crise des opioïdes, souligne Mme Harding. L’organisme a toutefois modifié certaines de ses pratiques.
«Depuis la pandémie, le bon côté, c’est qu’on a su aussi s’adapter avec la visioconférence. On peut maintenant aussi suivre les gens après qu’ils aient terminé leur thérapie avec Zoom, Teams ou autre», affirme Mme Harding.
«Ça a sauvé ma vie»
Michelle Tremblay, 28 ans, a terminé sa thérapie chez Portage il y a moins de deux ans. Elle est désormais intervenante en toxicomanie au centre de Prévost, et étudie pour obtenir son certificat en intervention en dépendances à l’Université de Sherbrooke.
«Une fois que j’ai fait mon programme à Portage, j’ai vraiment acheté le programme. Ça a changé ma vie complètement, ça a sauvé ma vie», affirme celle qui avait un problème de consommation de drogue.
«Je me suis reprise en main vraiment sur tous les aspects», déclare Mme Tremblay, qui est maintenant sobre depuis deux ans et trois mois. «Je suis très fière. Mes parents aussi sont très fiers, parce qu’ils ont l’impression de m’avoir retrouvée», ajoute-t-elle, disant que ses finances se portent bien, qu’elle a un logement et une voiture, et qu’elle a même pu faire réparer ses dents, qui avaient été abîmées par sa consommation.
C’est au centre de Prévost qu’elle a effectué sa thérapie, pendant sept mois et une semaine. Elle a apprécié l’approche du programme, malgré les défis qu’il renferme.
«C’est très confrontant comme programme. Tous nos comportements, tous mes mécanismes de défense, tous les trucs que j’ai vécus, les sentiments que j’ai vécus dans ma vie qui font que je consomme, pourquoi je ne suis pas heureuse, comment ça est-ce que j’ai besoin d’une consommation (…). Ce sont toutes des affaires que j’ai travaillées à Portage pour être capable, en sortant, d'avoir les outils nécessaires afin d’utiliser tout ce que j’ai en mon pouvoir sauf la consommation pour passer au travers de la vie», raconte-t-elle.
«Nos sœurs de thérapie, ce sont nos outils de thérapie dans le fond. Il y a à peu près 30 femmes en communauté et chacune est là pour refléter les comportements de l’autre», a-t-elle précisé.
Aujourd’hui, elle utilise son vécu pour venir en aide aux autres. Elle a laissé derrière sa carrière de coiffeuse et n’est pas retournée dans sa ville natale pour se dédier à l’intervention chez Portage, tout en accomplissant un certificat pour pouvoir gravir les échelons.
«Pour moi c’était une manière de rester les pieds dans mon rétablissement», dit-elle.
Coralie Laplante, La Presse Canadienne