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Keith Spicer, tout premier commissaire fédéral aux langues officielles, est décédé

durée 08h30
24 août 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Par La Presse Canadienne, 2023

OTTAWA — Keith Spicer, qui a été le tout premier commissaire fédéral aux langues officielles, et qui a plus tard présidé le Forum des citoyens sur l'avenir du Canada, après l'échec de Meech, est décédé jeudi à Ottawa à l'âge de 89 ans.

Son fils Nick a déclaré à La Presse Canadienne que Keith Spicer était décédé jeudi matin à l'hôpital d'Ottawa.

M. Spicer avait été nommé commissaire aux langues officielles en 1970 par le premier ministre Pierre Elliott Trudeau, avec le mandat de faire respecter les droits linguistiques du français et de l'anglais dans les institutions fédérales. Il avait déjà été, en 1964, chercheur auprès de la commission Laurendeau-Dunton sur le bilinguisme et le biculturalisme au Canada.

Keith Spicer, qui a grandi sur une ferme, a été francophile et a appris le français dès son adolescence, ce qui n'était pas courant à l'époque au Canada.

Durant son mandat de commissaire aux langues officielles, de 1970 à 1977, Keith Spicer se qualifiait souvent de «commissaire aux Cornflakes», raconte son fils Nick. Clin d'œil au débat qui faisait rage au Canada anglais sur l'ajout du français sur les boîtes de céréales et autres emballages alimentaires.

M. Spicer a également cofondé l'organisme humanitaire CUSO. Il a aussi été rédacteur en chef du quotidien «Ottawa Citizen» de 1985 à 1989.

Il avait publié ses mémoires en 2004: «Life Sentences: Memoirs of an Incorrigible Canadian». Il avait aussi écrit en 1980, à l'aube du premier référendum sur la souveraineté du Québec, «Cher péquiste, et néanmoins, ami: Propos pré-référendaires dans un esprit post-référendaire».

Après avoir quitté l'«Ottawa Citizen», il a été président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de 1989 à 1996.

De 1990 à 1991, après l'échec de l'accord du lac Meech, le premier ministre progressiste-conservateur Brian Mulroney lui demande de présider le Forum des citoyens sur l'avenir du Canada. Cette «commission Spicer» a précédé la nouvelle tentative de réforme constitutionnelle, finalement infructueuse: l’accord de Charlottetown de 1992.

Le rapport Spicer de 1991 recommandait notamment la reconnaissance du caractère unique de la culture québécoise, une réforme du Sénat, la reconnaissance des droits des peuples autochtones et un examen indépendant de la politique des langues officielles au Canada.

La commission Spicer, qui a suscité une vaste participation de centaines de milliers de Canadiens, a également pris acte d'un fort mécontentement au Canada à l'égard des politiques de multiculturalisme et de bilinguisme.

M. Spicer avait passé l'essentiel des dernières années à Paris, «où il se sentait jeune», raconte son fils. Mais il est ensuite rentré au Canada, «un pays qu'il aimait tant». 

Pendant son séjour à l'hôpital d'Ottawa, raconte son fils Nick, le dossier médical de Keith Spicer était rédigé en anglais et en français. «Tout a changé grâce à toi», a-t-il dit à son père.

Alessia Passafiume, La Presse Canadienne