Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Ingérence : Poilievre ne veut pas parler du mandat de l'enquête avant son annonce

durée 07h49
20 juin 2023
La Presse Canadienne, 2023
durée

Temps de lecture   :  

2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

OTTAWA — Le chef conservateur Pierre Poilievre refuse de discuter du mandat d'une enquête publique et indépendante sur l'ingérence étrangère ainsi que de la personne qui pourrait la diriger avant que le premier ministre Justin Trudeau ait potentiellement accepté d'en déclencher une.

Il insiste sur cette séquence des événements souhaitée dans une lettre envoyée au ministre auquel M. Trudeau a demandé de mener des discussions sur le sujet avec les partis d'opposition, Dominic LeBlanc.

«Une fois que le premier ministre aura donné son accord, nous vous fournirons une courte liste de noms (...) et nous travaillerons avec tous les partis d'opposition pour nous assurer qu'ils sont  acceptables pour (toutes les formations politiques)», peut-on lire dans la lettre partagée mardi par les conservateurs.

M. Poilievre signale aussi attendre cette annonce d'une enquête pour, dans un délai de 48 heures suivant celle-ci, envoyer «une proposition de mandat et un cadre de référence» pour le ou les commissaires.

La semaine dernière, M. LeBlanc avait plutôt présenté le travail qu'il menait en mentionnant que celui-ci devait déjà impliquer des discussions sur les «termes de référence» d'une éventuelle commission d'enquête.

«Je partage précisément l’intérêt de tous les parlementaires de trouver le processus approprié (…) Une enquête publique n’a jamais été écartée. Il s’agit cependant de trouver la bonne façon de faire le travail dans le respect de l’importance de protéger des renseignements hautement sécurisés (et) confidentiels», avait notamment dit le ministre des Affaires intergouvernementales mercredi dernier au cours de la période des questions.

Il avait mentionné en mêlée de presse que, «dans un scénario parfait», plus de détails pourraient être donnés sur les étapes à venir d'ici la fin de cette semaine, alors que les travaux de la Chambre des communes doivent être ajournés pour l'été.

Une annonce avant la fin de la session parlementaire, officiellement prévue vendredi, est encore «tout à fait envisageable», a soutenu mardi M. Trudeau.

«On sait et depuis le début on est ouvert à travailler de façon sérieuse avec les autres partis, avec les experts sur l’ingérence étrangère. Je continue d’espérer que nous allons pouvoir avancer de façon rigoureuse et coopérative», a-t-il affirmé en mêlée de presse alors qu'il se rendait à la réunion hebdomadaire de son conseil des ministres.

Le printemps dernier, M. Trudeau avait délégué la question de la tenue, ou non, d'une commission d'enquête, à un rapporteur spécial, l'ex-gouverneur général David Johnston. Ce dernier a tranché en défaveur dans les recommandations de son rapport préliminaire.

M. Johnston, que les partis d'opposition accusent de partialité - en réalité ou en apparence - a démissionné et M. LeBlanc a ensuite tendu la main aux autres formations politiques pour trouver terrain d'entente sur la suite des choses.

Émilie Bergeron, La Presse Canadienne