Immigration: les discussions sur les cibles ambitieuses se poursuivent à Ottawa
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Par La Presse Canadienne, 2023
OTTAWA — Les discussions entre ministres fédéraux sur les cibles d'immigration d'Ottawa se poursuivaient mardi, selon toute vraisemblance, à environ 24 heures d'une annonce prévue dans ce dossier.
Mais d'abord, le ministre de l'Immigration, Marc Miller, présentera en après-midi un plan visant à améliorer le système pancanadien, conjointement avec le dévoilement du rapport d'un examen dit «stratégique».
Avant de se rendre à une réunion du conseil des ministres, en avant-midi, M. Miller a soutenu qu'il estime que la population demande, de plus en plus, une meilleure organisation et coordination entre ordres de gouvernement en matière d'immigration.
«Ce qu’on entend des Canadiens, c’est qu’il faut qu’on s’organise, tous les paliers de gouvernement, pour s’assurer que les gens qui viennent ici sont mieux accueillis et mieux adaptés à la réalité canadienne», a-t-il dit en mêlée de presse.
Il a réitéré qu'il ne voit toujours «pas un scénario où on diminuerait les niveaux». Vendredi dernier, il avait fait savoir que le gouvernement Trudeau réfléchissait à apporter des ajustements à ses cibles d'immigration.
La veille, Radio-Canada rapportait que le conseil des ministres discutait de la possibilité de plafonnement, et même d'une réduction des cibles d'immigration, en lien notamment avec la crise du logement.
«D’un point de vue humanitaire, on a des devoirs et on la volonté d’accueillir. Au point de vue économique, on a besoin de plus de travailleurs, mais en même temps on sent très bien la pression, que ce soit pour le logement, pour l’accès aux médecins», a mentionné mardi la ministre du Revenu national, Marie-Claude Bibeau.
La question équivaut à son avis à «un dilemme» pour lequel le gouvernement tente «de trouver le meilleur équilibre». «Je ne pense pas que c’est noir ou blanc», a-t-elle résumé.
Le Canada a pour cible d'accueillir 500 000 nouveaux résidents permanents par an partout au pays d'ici 2025.
À un journaliste qui lui a demandé si cette cible pour 2025 serait maintenue, le ministre Miller a répondu qu'il faudra patienter «24 heures».
Peu de temps après, un débat sur une motion bloquiste portant sur l'immigration s'ouvrait en Chambre. Le Bloc québécois utilise sa journée d'opposition pour que les élus discutent de la nécessité ou non d'Ottawa de consulter le Québec et les autres provinces avant de fixer ses cibles d'immigration.
Le libellé mis de l'avant demande aussi «au gouvernement de revoir ses cibles d’immigration dès 2024 après consultation du Québec, des provinces et des territoires en fonction de leur capacité d’accueil».
Avant de se rendre aux Communes, M. Miller a dit que «le texte, en tant que tel, du Bloc québécois, ne (le) dérange aucunement», mais qu'il est plutôt contre son adoption.
«Ce que je veux éviter, c’est que les gens aient signé quelque chose qui montre quoi que ce soit contre l’immigration et c’est ça la tendance que je veux éviter», a-t-il affirmé.
Il a fait valoir qu'Ottawa travaille déjà en collaboration avec le Québec sur le champ de compétence partagé de l'immigration. «Ils savent très bien que la vaste majorité des décisions sont prises par le Québec et on les appuie. On est toujours ouverts à les appuyer davantage.»
Le lieutenant politique des libéraux pour le Québec, Pablo Rodriguez, a insisté sur une «capacité d'intégration» des nouveaux arrivants qui «tient compte des besoins».
«On en tient toujours compte et on travaille avec les provinces là-dessus. Il y a des besoins importants lorsque quelqu’un vient ici, que ce soit au niveau de la santé, de l’éducation, du logement (...), mais l’immigration est importante», a dit celui qui est aussi ministre des Transports.
Questionné à savoir s'il ressentait une certaine pression pour plafonner les cibles, il a soutenu qu'il «il y a beaucoup de discussions actuellement sur les capacités d’absorption (et) il va continuer d’en avoir».
Émilie Bergeron, La Presse Canadienne