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Halifax: réunion annuelle de l'Assemblée des Premières Nations cette semaine

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10 juillet 2023
La Presse Canadienne, 2023
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

Des centaines de dirigeants autochtones doivent se rassembler à Halifax cette semaine pour la réunion annuelle de l'Assemblée des Premières Nations (APN).

L'organisation de défense des droits des Autochtones doit composer avec l'éviction de sa cheffe nationale, RoseAnne Archibald. Celle-ci a signalé qu'elle pourrait assister à la réunion, prévue de mardi à jeudi, et elle demande aux chefs de la réintégrer dans ses fonctions.

Mme Archibald a été relevée de ses fonctions lors d'une assemblée spéciale des chefs tenus le 28 juin en lien avec une enquête suite à des plaintes que le personnel de l'APN a déposées contre elle. La résolution a été adoptée avec le soutien d'environ 70 % de ceux qui ont participé à la réunion virtuelle.

Scott McLeod, chef de la Première nation Nipissing en Ontario, a voté pour évincer l'ancienne cheffe nationale après avoir pris connaissance du résumé de l'enquête. Il a examiné cinq plaintes contre Mme Archibald et a conclu que certains de ses comportements constituaient du harcèlement. Il a également constaté qu'elle n'avait pas respecté la confidentialité et avait enfreint la politique de l'APN, notamment en exerçant des représailles contre les plaignants.

Cependant, selon le chef McLeod, l'enquête a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase après plus d'un an de chaos qui, selon lui, entravait tout progrès au sein de l'organisation qui représente plus de 600 Premières Nations à travers le pays. "Il semblait de plus en plus que nos assemblées se révélaient toujours être des querelles internes plutôt que des occasions de faire avancer les choses en tant qu'organisation".

Niigaan Sinclair, professeur à l'Université du Manitoba, signale que la destitution du chef national survient pendant une période de turbulences pour l'organisation. Il signale que le vote pour destituer RoseAnne Archibald est intervenu après qu’elle ait posé des questions sur la transparence, la gouvernance et la responsabilité au sein de l'assemblée.

M. Sinclair se demande pourquoi le vote n'avait pas eu lieu lors de l'assemblée annuelle, ou s'il n’aurait pas été préférable que Mme Archibald termine son mandat de trois ans. "La retirer laisse une très mauvaise image", selon lui, d’autant plus que l'APN est un groupe de pression pour les chefs, pas un gouvernement, et que son porte-parole est censé suivre la volonté des chefs.

RoseAnne Archibald est devenue la première femme à occuper le poste de chef national en 2021, mais son mandat a été tumultueux. Elle affirme qu'elle a été ciblée pour avoir combattu la corruption à l'APN et pour avoir insisté sur la présence d’un audit financier. Elle a également appelé à la tenue d’une enquête indépendante sur une ingérence potentielle du gouvernement.

Joe Alphonse, chef de la Première nation Tl'etinqox et président tribal du gouvernement national des Tsilhqot'in en Colombie-Britannique, est d’avis que le problème de l'APN est qu’il y a ‘’trop de chefs et pas assez de guerriers". M. Alphonse, qui a voté pour garder Mme Archibald en poste de chef national, croit que la publication de l'enquête sur les ressources humaines a été un ‘’spectacle’’. "Personnellement, je pense que cela a vraiment affaibli l'APN".

Niigaan Sinclair ne croit tout de même pas que l'organisation elle-même doive être abandonnée. Il soutient qu'il sera toujours nécessaire d'avoir une voix nationale ou une organisation nationale pour rassembler les chefs, en particulier en ce qui concerne les questions liées à la Loi sur les Indiens.

L'ordre du jour de la prochaine assemblée de l'APN doit inclure des mises à jour sur une stratégie climatique nationale, l'eau potable, la police et la gouvernance autochtones, entre autres questions.

Kelly Geraldine Malone, La Presse Canadienne