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Grippe aviaire: un juge accorde un sursis à des autruches qui devaient être abattues

durée 16h47
31 janvier 2025
La Presse Canadienne, 2024
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2024

Un juge fédéral a accordé un sursis temporaire à environ 400 autruches qui devaient être abattues, samedi, dans une ferme de Colombie-Britannique touchée par une épidémie de grippe aviaire.

Le juge Michael Battista a décidé vendredi de suspendre l'ordre d'abattage imposé par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) pendant que la ferme cherche à obtenir un contrôle judiciaire de l'affaire.

M. Battista a indiqué dans une décision écrite que le fait de maintenir l'ordre de samedi avant que l'affaire ne soit examinée plus en détail «exposerait le demandeur à un préjudice irréparable».

Michael Carter, un avocat de Universal Ostrich Farms Inc., avait fait valoir lors d'une audience vendredi à la Cour fédérale de Toronto que les autruches devraient être exemptées de l'ordre parce que leur génétique fait l'objet d'une étude de recherche sur les anticorps, ce qui les rend rares et précieuses.

Il a raconté que ses clients, les copropriétaires de la ferme, Karen Espersen et Dave Bilinski, ont eu des «larmes de joie» lorsqu'ils ont appris la nouvelle après avoir suivi les procédures virtuellement depuis Edgewood, en Colombie-Britannique, à environ 200 kilomètres à l'est de Kelowna.

«Nous allons maintenant procéder à l'audience pour examiner la décision de l'ACIA d'abattre les oiseaux et déterminer si elle était raisonnable», a expliqué Me Carter lors d'un appel téléphonique après la décision.

La fille de Mme Espersen, Katie Pasitney, a déclaré que toutes les personnes impliquées dans la ferme étaient «ravies» après avoir appris la décision de vendredi.

«Nous avons passé beaucoup de nuits blanches et beaucoup de longues journées, sans savoir si nous allions devoir voir 400 animaux inutilement assassinés», a-t-elle souligné lors d'un entretien téléphonique.

Katie Pasitney a indiqué que les partisans se rassembleraient samedi pour célébrer cette «énorme victoire», tout en respectant l'avis de quarantaine sur la ferme.

«Les autruches aiment les gens. Elles sont très curieuses. Elles s'intéressent beaucoup aux gens et elles aiment la musique, donc je suis sûre que tout le monde va voir les autruches toutes alignées le long de la route, à la clôture, en train de regarder ce qui se passe demain», a-t-elle ajouté.

Loin d'être terminé

Universal Ostrich sait qu'il reste encore beaucoup à faire, a admis Mme Pasitney. Elle n'a pas été informée de la date de l'audience dans le cadre de la révision judiciaire, a-t-elle précisé.

L'ACIA a ordonné l'abattage après que la grippe aviaire a été détectée chez deux autruches mortes le 30 décembre. Son avocat a fait valoir vendredi que les préoccupations de santé publique l'emportaient sur la position de la ferme.

L'avocat de l'agence fédérale, Paul Saunders, a déclaré lors de l'audience qu'elle obligeait les fermes à abattre des troupeaux entiers parce qu'il y avait un risque que le virus puisse incuber, muter et créer de nouvelles variantes, même chez les animaux en bonne santé.

«Il existe un risque de transmission humaine. Il existe un risque de maladie et de décès», a soutenu Me Saunders.

La ferme avait initialement demandé une exemption à l'ACIA pour les animaux présentant une génétique rare, mais l'agence fédérale a rejeté sa demande le 10 janvier.

Dans sa décision, le juge Battista a avancé que permettre l'abattage entraînerait un préjudice irréparable sous la forme de «la fermeture d'une entreprise vieille de 25 ans et la perte des efforts déployés par le demandeur pendant des décennies pour élever un troupeau unique d'autruches».

L'ordre d'abattage est suspendu jusqu'à ce qu'une décision soit rendue dans le cadre du contrôle judiciaire.

Le juge Battista a rejeté une demande de modification de l'avis de quarantaine sur la ferme.

Les autruches de la ferme ont fait l'objet d'un projet de recherche en collaboration avec le Dr Yasuhiro Tsukamoto, président de l'Université préfectorale de Kyoto au Japon.

Le scientifique, également connu sous le nom de Dr Ostrich («Dr Autruche»), a extrait des anticorps COVID-19 à partir d'œufs d'autruche en Colombie-Britannique, en s'appuyant sur ses décennies de recherche sur les anticorps présents dans le jaune d'œuf d'autruche qui peuvent bloquer les maladies infectieuses.

M. Tsukamoto a fait savoir que ses recherches pourraient être appliquées à la grippe aviaire.

L'avocat Michael Carter avait soutenu que la génétique des autruches était irremplaçable et qu'elles devaient être traitées et étudiées.

«Ils ont traité les autruches comme des poulets dans un poulailler», a affirmé Me Carter à propos de la décision de l'ACIA, qui a considéré les oiseaux comme de la volaille.

Les documents judiciaires montrent que 69 des 450 autruches de la ferme sont mortes entre la mi-décembre et le 15 janvier après avoir montré des symptômes de grippe aviaire.

— Avec des informations de Brenna Owen à Vancouver

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Hannah Alberga, La Presse Canadienne