Google soutient que le projet de loi C-18 entraînera plus de désinformation
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Par La Presse Canadienne, 2022
OTTAWA — Le géant du web Google estime que le projet de loi C-18 entraînerait une prolifération de la désinformation et rendrait plus difficile l'accès à du contenu médiatique fiable.
«C-18 définit les entreprises de presse admissibles de façon extrêmement vaste et les éditeurs ne sont pas requis de répondre à des standards journalistiques de base», a dit mardi Colin McKay, chef des politiques publiques et des relations gouvernementales pour Google Canada.
Ce dernier a taillé en pièces, en témoignant au comité du patrimoine de la Chambre des communes, le projet de loi visant à forcer les plateformes numériques à payer pour le partage de contenus produits par des médias d'information.
«Cela va mener à la propagation de désinformation et de contenus servant seulement à générer des clics ("click bates")», a ajouté M. McKay.
Le représentant de Google a aussi mentionné d'autres préoccupations quant au projet de loi C-18, comme celle que les plateformes ne pourraient pas désavantager certains médias dans le partage de contenus sur la base que leurs articles sont jugés comme étant moins fiables.
D'autres témoins comparaissant mardi ont plutôt vanté les bienfaits qu'aura selon eux le projet de loi s'il en vient à être adopté.
Le directeur du quotidien «Le Devoir», Brian Myles, a affirmé que «la force de frappe» des réseaux tels que Facebook ou Google est nécessaire pour tout média qui dépend des revenus d'abonnements.
«Ils rendent possible la découvrabilité de nos contenus et nous permettent d’élargir la base d’utilisateurs et potentiellement de les convertir en abonnés», a-t-il soutenu.
Le comité du patrimoine étudie le projet de loi C-18, qui vise à obliger des plateformes - principalement Google et Facebook - à conclure des ententes d'indemnisation avec les entreprises de presse. Plusieurs médias ont déjà conclu des ententes avec des géants du web. C'est le cas du «Devoir», comme l'a rappelé M. Myles en soulignant que cela n'empêchait pas l'équipe du quotidien de soutenir le projet de loi C-18.
Des représentants de petites entreprises de presse avaient précédemment défendu le C-18, affirmant que toute négociation passe dans leur cas par la négociation collective.
Émilie Bergeron, La Presse Canadienne