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Fonderie Horne: 36 tonnes d’arsenic rejetées en 2021, un record depuis 2005

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14 juillet 2022
La Presse Canadienne, 2022
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Par La Presse Canadienne, 2022

MONTRÉAL — Malgré sa promesse, en 2021, de faire «des efforts constants pour la réduction des émissions atmosphériques», la Fonderie Horne a rejeté 36 tonnes d’arsenic dans l’air l’an dernier, soit plus que pour n'importe quelle année depuis 2005. 

Selon des données récentes de l'Inventaire national des rejets de polluants publié par le gouvernement fédéral, Glencore a déclaré avoir rejeté 36 tonnes d’arsenic dans l’air de Rouyn-Noranda en 2021. À titre comparatif, l’entreprise avait déclaré 14 tonnes en 2020.

En cherchant dans l'Inventaire national des rejets de polluants, il faut remonter à 2004 pour trouver une année où les cheminées de la fonderie ont rejeté plus d’arsenic qu’en 2021, soit 52 tonnes.

Dans une publication intitulée «bulletin annuel développement durable 2021», Glencore se félicitait pourtant de faire «des efforts constants pour la réduction des émissions atmosphériques».

Mais force est de constater que ces efforts n’ont pas porté fruit l’an dernier, selon Clémentine Cornille, directrice générale du Conseil régional en environnement de l'Abitibi-Témiscamingue.

«C’est tout à fait inquiétant, on se retrouve dans un portrait très proche du début des années 2000 qui est le pire moment au niveau de l’arsenic» dans l’air, a mentionné Mme Cornille. 

En 2021, le niveau d’arsenic dans l’air mesuré à la station d’échantillonnage du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC), située en face de la fonderie, montrait une moyenne de 100 nanogrammes par mètre cube (ng/m3), soit 33 fois plus que la norme provinciale.

En 2020, la moyenne était de 70 nanogrammes par mètre cube à la même station.

Pourquoi les échantillons mesurés par cette station sont 1,4 fois plus élevés en 2021 qu’en 2020, alors que les données de l’inventaire national des rejets de polluants montrent que l’entreprise a rejeté 2,5 fois plus de tonnes en 2021 qu’en 2020 (36 comparativement à 14)? La directrice générale du Conseil régional en Environnement de l'Abitibi-Témiscamingue émet une hypothèse.

«Ce que ça peut vouloir dire, c'est que les rejets, les émissions sont envoyés dans l'air et sont peut-être dilués dans tout l'air ambiant. Donc, est-ce que ça peut aller plus loin que cette station? Est-ce que ça peut aller plus loin sur le territoire de Rouyn-Noranda? Plus au sud, à l'est, à l'ouest, au nord?»

D’où l’intérêt, selon elle, «d’avoir une surveillance plus complète» et «d'aller installer des stations plus largement sur le territoire de Rouyn-Noranda».

Mercredi, lors d’une visite à Rouyn-Noranda, le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, a évoqué la possibilité d’ajouter des stations d’échantillonnage pour mesurer les émissions toxiques dans l’air, une demande formulée par plusieurs médecins et groupes de citoyens.

La Presse Canadienne a demandé à Glencore d’expliquer pour quelle raison la fonderie a rejeté dans l’air plus d’arsenic en 2021 que pour n’importe quelle année depuis 2005, et l’agence de presse est en attente d’une réponse.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne