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Des politiciens condamnent la manifestation devant un «restaurant juif» à Toronto

durée 14h00
23 octobre 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

OTTAWA — Personne n’a déposé de plainte à la suite d'une manifestation pro-Palestiniens en fin de semaine devant un «commerce juif» du centre-ville de Toronto, a précisé lundi la police, mais l'événement a suscité la désapprobation de nombreux politiciens. 

Dans des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, on voit un groupe de manifestants, dont plusieurs brandissent des drapeaux palestiniens, rassemblés devant le restaurant, où l'on pouvait entendre certains dans la foule le qualifier de «café sioniste» et appeler à son boycottage.

Le député libéral fédéral montréalais Anthony Housefather, qui est juif, a estimé qu'il était «impardonnable» d'appeler au boycottage d'e commerces appartenant à des Juifs.

«Ce n'est pas une expression des valeurs canadiennes. C'est de la haine pure», a-t-il dénoncé dimanche dans une déclaration publiée sur X (anciennement Twitter).

La cheffe adjointe des conservateurs à Ottawa, Melissa Lantsman, également juive, a qualifié cette manifestation d'«acte odieux d'antisémitisme».

Dans un communiqué publié lundi, la mairesse de Toronto, Olivia Chow, a déclaré que «cibler une entreprise de cette manière était une erreur». Elle ajoute que la police de Toronto avait récemment noté une augmentation des incidents haineux signalés.

«Bien que nous soyons au courant de l'incident, aucun signalement n'a été déposé pour le moment», a déclaré Stephanie Sayer, porte-parole de la police de Toronto.

Les services de police de tout le Canada affirment être confrontés à des craintes accrues de la part des groupes juifs et musulmans depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas il y a plus de deux semaines. Le gouvernement fédéral affirme qu'il travaille avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour répondre à ces préoccupations.

De nombreux corps policiers affirment avoir accru leur présence à proximité des lieux de culte et déploient des agents pour encadrer les manifestations.

Le premier ministre Justin Trudeau a condamné le Hamas depuis que ses militants ont attaqué Israël le 7 octobre. Il
a affirmé que le groupe est une entité terroriste répertoriée et que ses militants ne sont pas des «combattants de la liberté» et ne devraient pas être célébrés comme tels.

Israël a répondu à l'attaque par des frappes aériennes et a imposé un blocus, ce qui a coupé la fourniture de nourriture, d'eau et d'électricité dans la bande de Gaza, un territoire palestinien contrôlé par le Hamas.

Le professeur de criminologie Michael Kempa, de l'Université d'Ottawa, estime qu'au final, il appartient à la police de décider quel comportement franchit la limite de la criminalité.

La Charte canadienne des droits et libertés protège le droit à tenir une réunion pacifique et le droit à la liberté d'expression, mais le Code criminel interdit également de promouvoir ou d'inciter délibérément à la haine.

Mais d'après ce qu'il a vu dans la vidéo de la manifestation du week-end à Toronto, il estime que l'incident pourrait potentiellement être considéré comme un acte de méfait criminel ou d'intimidation.

«Quand vous regardez les rassemblements pro-Palestiniens, même si les messages des groupes pro-Palestiniens sur le terrain peuvent être jugés offensants, pénibles ou bouleversants pour de vastes pans de la population (…) le fait qu'ils soient offensants ou de mauvais goût ou considérés comme tels par un groupe de personnes ne rend pas cela illégal», a-t-il expliqué. 

Stephanie Taylor, La Presse Canadienne