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Des milliers de policiers défileront aux funérailles de la sergente Maureen Breau

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13 avril 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Par La Presse Canadienne, 2023

TROIS-RIVIÈRES, Qc — C’est aujourd’hui que le monde policier fera ses adieux à la sergente Maureen Breau, assassinée dans l’exercice de ses fonctions le 27 mars dernier, à Louiseville, en Mauricie.

Des milliers de policiers et de premiers répondants de partout en Amérique du Nord défileront en cortège funèbre dans les rues de Trois-Rivières sur plus de trois kilomètres pour se rendre à la basilique du sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap, où seront célébrées les funérailles de Mme Breau à compter de 13h30.

De nombreux élus sont aussi attendus à la célébration.

Déjà des cérémonies

Déjà, une cérémonie spéciale avait eu lieu le soir du 31 mars devant le poste de la Sûreté du Québec à Louiseville. Une centaine de personnes étaient présentes, notamment des premiers répondants de différents services, pompiers, ambulanciers et autres, ainsi que des proches de la famille.

Le décès de la sergente avait également été souligné avec émotion lors de la cérémonie de remise de diplômes de l’École nationale de police du Québec, qui avait eu lieu le même jour, soit le vendredi 31 mars. Le ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel, l’invité d’honneur de la cérémonie, en avait profité pour souligner le courage nécessaire pour exercer cette profession. 

Maureen Breau, une policière qui avait 20 ans de service, est morte lors d’une intervention auprès d’un homme qui avait menacé des voisins dans un édifice à logements du centre-ville de Louiseville.

L’individu en question, Isaac Brouillard-Lessard, s’était rué sur elle avec une arme blanche. Il a été abattu sur place par d’autres policiers venus en renfort.

Dangereux, mais libre

L’affaire a mené à une importante réflexion au sein des autorités, l’assassin étant considéré comme un risque important pour la société par la Commission d’examen des troubles mentaux, qui l’avait tout de même remis en liberté malgré son lourd dossier. Appréhendé pour des crimes violents à cinq reprises depuis 2014, Isaac Brouillard-Lessard avait été reconnu non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux à chaque fois.

Le 4 avril dernier, à la suite de pressions importantes de l’Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ, le syndicat qui représente les policiers de la SQ), le ministre Bonnardel annonçait le début de travaux pour évaluer la faisabilité de leur principale demande, soit le partage de renseignements sur l’état mental de personnes libérées.

Lors de la commission parlementaire qui se penche sur le projet de loi 14 touchant les services policiers, le ministre Bonnardel précisait que les sous-ministres à la Sécurité publique, à la Justice et aux Services sociaux se rencontreraient rapidement «pour évaluer de quelle façon, légalement ou non, on pourrait transmettre des informations pour des cas particuliers de santé».

«Mme Breau ne sera pas tombée au combat pour rien», avait-il alors ajouté.

La divulgation de renseignements sur la santé mentale d’une personne est un enjeu délicat puisque règle générale, le dossier médical d’un patient est confidentiel. 

Critères de libération à revoir

L’APPQ demande par ailleurs une révision des critères de la Commission d’examen des troubles mentaux du Québec dans les cas de libération d’une personne éprouvant des problèmes de santé mentale.

La même journée, François Bonnardel demandait à la coroner en chef de déclencher une enquête publique sur la mort de la sergente Breau, enquête qui a été confiée à la coroner Me Géhane Kamel. Me Kamel sera assistée par Me Dave Kimpton, procureur aux enquêtes publiques. 

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne