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Des libéraux veulent considérer l'idée de donner les chèques de 250 $ aux retraités

durée 08h53
27 novembre 2024
La Presse Canadienne, 2024
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Par La Presse Canadienne, 2024

OTTAWA — L'idée d'élargir aux retraités l'admissibilité à des chèques de 250 $ promis par le gouvernement de Justin Trudeau pour les travailleurs gagnant 150 000 $ ou moins doit être considérée, estiment des élus libéraux.

«A priori, c'est une bonne idée d'avoir cette conversation», a dit mercredi le député d'Ottawa-Sud David McGuinty en se rendant à la réunion hebdomadaire du caucus libéral.

Ce dernier a mentionné avoir entendu des aînés et des personnes en situation de handicap demander à être inclus dans la mesure annoncée.

«Je reflète ce que j'entends au gouvernement (…) Pour moi, tout est négociable», a-t-il résumé.

Son collègue Marcus Powlowski croit que le gouvernement devrait «absolument» élargir la mesure aux aînés «si l'on en a les moyens».

Abaisser le plafond de 150 000 $ de revenus annuels permettant à une personne de recevoir leur chèque de 250 $, comme le propose le Bloc québécois, serait-il une bonne façon de le faire sans coûts additionnels?

«Ça pourrait être une façon de le faire», a ajouté le député ontarien de Thunder Bay—Rainy River.

Un peut plus tôt, le lieutenant pour le Québec des troupes de M. Trudeau, Jean-Yves Duclos, soulignait la nécessité que le gouvernement cherche à répondre aux demandes des néo-démocrates et bloquistes.

Les deux partis d'opposition font de l'élargissement de la mesure aux aînés qui n'ont pas de revenu de travail une condition pour qu'ils appuient le gouvernement dans son éventuel projet de loi sur le sujet.

«Ce sont des discussions qui ont eu lieu présentement (...) avec les partis d'opposition parce que nous sommes dans un gouvernement minoritaire», a soutenu M. Duclos.

Les libéraux auront nécessairement besoin de l'appui du Bloc ou du Nouveau Parti démocratique (NPD), puisque tout porte à croire que les conservateurs voteront contre.

Questionné par les journalistes sur son ouverture à changer les paramètres de sa mesure, le premier ministre s'est contenté de déclarer que son caucus et lui avaient de bonnes discussions.

En sortant de la réunion de mercredi, le député de la Nouvelle-Écosse Darrell Samson a fait savoir qu'aucune décision n'avait été prise.

Un député libéral, l'Ontarien Chad Collins, a signalé au «Toronto Star» qu'il comptait voter contre la mesure si les aînés ne pouvaient en profiter.

Les élus qui se sont arrêtés pour parler aux journalistes mercredi ont été plus mesurés dans leurs propos. Plusieurs, comme M. Powlowski, ont affirmé que le gouvernement pouvait venir en aide aux retraités par d'autres moyens.

Le député Kody Blois a par exemple rappelé qu'il plaide pour une hausse des revenus que peuvent faire les aînés sans avoir à voir leur Supplément de revenu garanti amputé.

Nathaniel Erskine-Smith, lui, «aime la conversation qu'a lancée le Bloc autour de la pension de la Sécurité de la vieillesse».

Le Bloc milite pour que celle-ci soit augmentée pour les aînés de 65 à 74 ans, de la même façon que les libéraux l'ont fait pour les personnes âgées de 75 ans et plus.

«Je pense que nous méritons une conversation plus sérieuse sur une réforme de la (Sécurité de la vieillesse) pour assurer sa viabilité, mais aussi s'assurer que nous aidons ceux qui en ont le plus besoin», a dit M. Erskine-Smith à La Presse Canadienne.

Mercredi, le Bloc a cherché à accroître la pression sur les libéraux pour qu'ils élargissent la portée de ses chèques de 250 $ aux retraités. La porte-parole de la formation politique en matière d'aînés, Andréanne Larouche, s'est entourée de représentants de groupes de défense des retraités pour marteler cette demande.

«250$ pour quelqu'un qui fait 100 000 $ (…), c'est une goutte dans l'océan, mais 250 $ pour quelqu'un qui fait 22 000 $ par année, c'est beaucoup», a dit le président de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), Pierre Lynch.

Mme Larouche croit que «le gouvernement, dès maintenant, doit prendre un engagement clair pour rassurer les aînés qu’ils ne seront pas oubliés».

M. Trudeau a soutenu mardi que le chèque était pour «ceux qui travaillent fort et qui en arrachent», mais que le gouvernement prend des mesures ciblées pour aider différents groupes.

Émilie Bergeron, La Presse Canadienne