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Des experts recommandent au moins quatre heures de soins directs par jour en CHSLD

durée 06h35
31 janvier 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

OTTAWA — L'Organisation de normes en santé a publié mardi une mise à jour qui recommande au moins quatre heures de soins directs chaque jour pour les patients en établissements de soins de longue durée. 

Les normes du comité d'experts de l'organisme de normalisation à but non lucratif indiquent également que ceux qui travaillent dans ces établissements devraient être mieux payés.

Le premier ministre Justin Trudeau a déjà indiqué que le gouvernement fédéral discutait avec les provinces et territoires de nouvelles normes pour la qualité, la conception et le fonctionnement des centres de soins de longue durée partout au Canada.

Il a déclaré mardi qu'il reconnaissait que les soins de longue durée étaient de compétence provinciale, mais il a estimé que tous les Canadiens souhaitent que les soins aux aînés soient maintenus aux normes les plus élevées.

Les experts de l'organisation à but non lucratif ont précisé que les nouvelles normes ne seront utiles que si le gouvernement les met en pratique et s'assure qu'elles sont respectées.

L'Organisation de normes en santé (ONS) a publié ses mises à jour pour les centres de soins de longue durée à la lumière du bilan mortel et tragique que la pandémie de COVID-19 a fait subir à ces patients et à leur qualité de vie.

Les auteurs préviennent que la balle est maintenant dans le camp du gouvernement. «Les normes elles-mêmes peuvent devenir la base d'une législation, elles pourraient devenir la base de politiques publiques et d'autres mesures de responsabilité», a déclaré le docteur Samir Sinha, qui a dirigé le comité technique d'experts sur les nouvelles normes.

Certaines provinces exigent déjà que les foyers de soins de longue durée soient accrédités selon les normes de l'ONS, tandis que d'autres s'appuient sur un engagement volontaire de chaque établissement.

L'ONS s'attend à ce qu'environ 68 % des foyers de soins de longue durée au Canada soient accrédités sur une base volontaire ou obligatoire en utilisant les nouvelles normes. Mais le docteur Sinha prévient que l'accréditation ne suffira pas: il faudra voir au respect des nouvelles normes. 

Champs de compétence

Les soins de longue durée sont de compétence provinciale, et il existe un éventail de règles à travers tout le pays. En règle générale, il appartiendrait aux provinces d'imposer les nouvelles normes si elles le souhaitaient, mais lors des élections de 2021, M. Trudeau a promis de légiférer sur la sécurité dans les soins de longue durée de tout le pays.

Les libéraux ont réitéré cette promesse en signant l'entente de soutien et de confiance avec les néo-démocrates. Mais les deux partis sont restés muets jusqu'ici sur ce que devrait prévoir une loi fédérale.

«Comme les soins de longue durée sont de compétence provinciale et territoriale, toute législation sera conçue de manière à refléter les champs de compétence», a écrit la porte-parole de Santé Canada, Tammy Jarbeau.

Le gouvernement a réservé 3 milliards $ dans le budget de 2021 pour aider les provinces et territoires à appliquer les normes en matière de soins de longue durée, à augmenter les salaires et à améliorer les ratios personnel-patients.

Mais il faudra probablement beaucoup plus d'argent pour mettre en œuvre les nouvelles normes. En 2021, le directeur parlementaire du budget a estimé qu'il en coûterait 4,3 milliards $ de plus par année simplement pour offrir aux patients au moins quatre heures de soins quotidiens, comme le recommande maintenant l'ONS.  

Par ailleurs, les employés des foyers de soins de longue durée ne sont pas non plus payés autant que les autres travailleurs de la santé dans le réseau, souligne le docteur Sinha.

Les pénuries de main-d'œuvre ont été un facteur clé dans la situation désastreuse qui s'est déroulée au début de la pandémie, alors que le personnel avait du mal à fournir des soins adéquats. Le docteur Sinha rappelle que le problème persiste aujourd'hui, alors que les foyers de soins font face à des éclosions de COVID-19 et de grippe saisonnière.

Conception et construction

De nouvelles lignes directrices pour la conception des foyers de soins de longue durée et des pratiques de prévention des infections ont d'ailleurs été publiées aussi le mois dernier, cette fois par le Groupe CSA — anciennement l'«ACNOR».

Les normes du Groupe CSA couvrent tout, du nombre de résidents qui doivent partager une chambre aux matériaux utilisés pour construire le bâtiment. 

Ces normes sont strictement volontaires pour l'instant, mais les experts qui ont élaboré ces normes de construction espèrent qu'elles seront rapidement incluses dans les réglementations.

«Le temps presse, car il y a des projets partout au pays pour construire de nouveaux foyers de soins de longue durée», a déclaré Alex Mihailidis, qui a présidé le comité du Groupe CSA.

Laura Osman, La Presse Canadienne