Des dizaines de personnes marchent de Montréal jusqu'au chemin Roxham
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Par La Presse Canadienne, 2023
MONTRÉAL — Des organismes québécois de défense du droit d'asile prévoient depuis plus d'un mois de traverser à pied les 73 kilomètres qui séparent Montréal du chemin Roxham, à la frontière américaine, pour faire entendre leurs voix. Et même si la Cour suprême a confirmé vendredi que l’Entente sur les tiers pays sûrs, qui permet au Canada de renvoyer aux États-Unis de potentiels réfugiés, est constitutionnelle, ils sont plus motivés que jamais.
Quelques dizaines de personnes se sont retrouvées samedi matin à la place Charles-De Gaulle du parc La Fontaine, à Montréal, pour un premier rassemblement soulignant le début de l'événement. Pendant trois jours, ils vont marcher jusqu'au chemin Roxham, situé près de Saint-Bernard-de-Lacolle, dans l'espoir d'y être à 16 h lundi après-midi pour une deuxième manifestation.
Ces marcheurs dénoncent la fermeture, en mars, du chemin Roxham, qui échappait auparavant à l'Entente sur les tiers pays sûrs (ETPS) et permettait à des demandeurs d'asile d'entrer au Canada sans avoir préalablement fait de demande officielle.
Or, cette voie d'accès a été fermée lorsque le Canada et les États-Unis ont renégocié l'ETPS pour y inclure les passages irréguliers, comme le chemin Roxham, à la suite d'un tourbillon politique qui a duré plusieurs semaines au début du printemps.
De nombreux organismes du milieu communautaire ont déploré cette décision, estimant que le chemin Roxham était devenu «un symbole pour des milliers de personnes pour qui l'espoir était autrement refusé».
Ils se rattachaient à la possibilité que la Cour suprême invalide l'élargissement de l'ETPS, mais le plus haut tribunal du pays a unanimement statué vendredi que l’accord ne contrevenait pas à l’article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui garantit «le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne».
La fermeture du chemin Roxham est donc maintenue, ce qui n'a pas découragé les marcheurs — bien au contraire.
Selon les organismes concernés, la décision rendue vendredi par la Cour suprême ne sonne pas le glas de leur mission. Ils rappellent que le plus haut tribunal au pays ne s'est pas penché sur l'article 15 de la Charte des droits et libertés, qui vise à garantir le droit à l'égalité, indépendamment de l'origine ethnique, de la religion et du sexe.
La Cour suprême a plutôt renvoyé cette question à la Cour fédérale, puisqu'elle estime qu'il ne revient pas à elle de rendre une décision, dans le contexte où les tribunaux inférieurs n’ont pas examiné le dossier sous cet angle.
Les contestations judiciaires entourant l'entente ne sont pas terminées, assurent les organismes, qui martèlent qu'ils vont poursuivre leur mission pour «attirer l'attention sur la crise humanitaire à laquelle les personnes en demande d'asile sont confrontées si des mesures immédiates ne sont pas prises pour mettre fin à l’ETPS».
La Presse Canadienne