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Des Anichinabés du nord de l'Ontario poursuivent Ottawa et la Ville de Winnipeg

durée 12h45
26 juillet 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Temps de lecture   :  

2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

WINNIPEG — Une communauté anichinabée du nord-ouest de l'Ontario poursuit le gouvernement fédéral et la Ville de Winnipeg, affirmant qu'elle n'a pas été indemnisée pour le détournement il y a un siècle d'un lac afin d'approvisionner la capitale manitobaine en eau potable — mais qui a coupé la réserve d'un accès routier.

La communauté de «Shoal Lake 40», à la frontière entre l'Ontario et le Manitoba, a intenté mardi une poursuite contre les deux ordres de gouvernement, en Cour supérieure de l'Ontario à Kenora.

La poursuite allègue que le gouvernement fédéral et la Ville de Winnipeg n'ont pas adéquatement indemnisé la communauté anichinabée pour «atteinte ou ingérence préjudiciable à ses terres dans la réserve», depuis qu'un système de dérivation a été créé en 1915 pour que la ville manitobaine utilise l'eau du lac Shoal.

«Ils nous ont forcés à venir ici, nous ont chassés de nos territoires traditionnels juste pour avoir accès à de l'eau potable, a déclaré en entrevue le chef de la communauté, Kevin Redsky. Le Canada a permis que ça se produise. Il a permis à notre peuple d'être déplacé.»

La Ville de Winnipeg avait identifié le lac Shoal comme une source potentielle d'approvisionnement en eau potable pour ses résidants et Ottawa a finalement approuvé une ordonnance d'expropriation pour déplacer des secteurs de la communauté anichinabée afin de permettre la construction de la dérivation. On a notamment construit un aqueduc de 150 km et la dérivation a isolé la communauté sur une île artificielle, sans accès routier au continent.

La poursuite soutient que le détournement a perturbé et endommagé des zones autour de la communauté sur lesquelles les membres comptaient pour leurs pratiques culturelles et traditionnelles, notamment la chasse, la pêche, le piégeage et la récolte.

Jusqu'à il y a quelques années, cette communauté n'était accessible que par la route de glace l'hiver ou par bateau l'été. Selon la poursuite, des familles ont été forcées de déménager pour accéder aux services de santé de base, pour étudier et pour travailler. Ceux qui ont choisi de rester sur l'île ont risqué leur vie en essayant de traverser sur la route de glace, indique la poursuite. «Plusieurs se sont noyés», indique le document.

La poursuite indique également que les coûts associés au transport des matériaux de construction vers la réserve ont grimpé en flèche et que la communauté a eu du mal à entretenir les infrastructures essentielles, notamment les routes et les écoles.

Par ailleurs, la communauté de «Shoal Lake 40» a fait l'objet d'un avis concernant la qualité de l'eau potable en 1997, car son système de traitement de l'eau ne répondait pas aux exigences.

En 2019, une route a été construite pour relier la communauté à la Transcanadienne. Deux ans plus tard, la Première Nation a pu lever l'avis relatif à l'eau lorsqu'elle a construit une nouvelle usine d'épuration.

Brittany Hobson, La Presse Canadienne