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Démantèlement d'un campement: 3 personnes, dont une journaliste, arrêtées à Edmonton

durée 18h15
10 janvier 2024
La Presse Canadienne, 2024
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2024

EDMONTON — La police d'Edmonton a arrêté un homme et deux femmes mercredi alors que les autorités démantelaient un campement de sans-abris, y compris une journaliste qui couvrait le sujet.

«Un homme et deux femmes manifestant ont été arrêtés pour obstruction à la police pendant le démantèlement du campement», a déclaré la police dans un communiqué, indiquant que les accusations sont toujours en cours pour l'instant.

Ethan Cox, de Ricochet Media, a déclaré que la journaliste, Brandi Morin, lui a dit, depuis sa cellule de détention, qu'elle se trouvait au campement pendant l'action policière. M. Cox, rédacteur en chef de Mme Morin, a indiqué qu'elle avait été arrêtée après avoir refusé de quitter une zone interdite.

«Elle était en train de mener une entrevue avec l'un des leaders lorsque la police est arrivée», a déclaré M. Cox, selon ce que lui a dit Mme Morin.

«(La police) a mis en place une immense zone d'exclusion avec du ruban adhésif. Brandi a été confrontée à un policier qui lui a dit qu'elle devait sortir. Elle a dit : ''Non, je veux pouvoir voir ce qui se passe''.»

Mme Morin a ensuite été arrêtée et menottée, a raconté M. Cox.

«Nous sommes très préoccupés par le fait que la police d'Edmonton ait arrêté quelqu'un qui s'est présenté comme journaliste».

Ricochet Media a déclaré plus tard mercredi que Mme Morin avait été libérée sous promesse de comparaître devant le tribunal.

Ce campement de sans-abris était le huitième et dernier camp jugé «à haut risque» par la Ville et qui devait être démantelé.

Chad Charland, qui vivait dans le camp, a raconté que les habitants et leurs sympathisants manifestaient pacifiquement lorsque la police a procédé aux arrestations et emmené certaines personnes hors de la zone. Il a soutenu que l'un des hommes arrêtés était un mentor et un aîné pour les personnes sans logement.

M. Charland a déclaré que la police lui avait dit qu'il devait quitter le camp. Il a installé de nouveau sa tente dans les alentours.

La majeure partie du camp, à l'exception d'un tipi, avait été démantelée en fin d'après-midi.

«Nous avons essayé notre voie pacifique, maintenant je suppose que nous verrons ce qui va arriver», a relaté M. Charland.

La Coalition for Justice and Human Rights a intenté une poursuite pour obtenir une déclaration du tribunal selon laquelle la politique d'expulsion des campements de la Ville viole les droits garantis par la Charte.

En attendant, le groupe veut une injonction imposant des restrictions à la réponse de la Ville et de la police aux campements lorsque les températures sont extrêmes, lorsqu'il n'y a pas d'espace d'hébergement adéquat et lorsqu'il n'y a pas d'avis d'expulsion écrit aux occupants.

Une injonction provisoire d'urgence mise en place le mois dernier et couvrant les huit camps «à haut risque» devait expirer jeudi, mais elle a été prolongée jusqu'à mardi.

La police a décrit les dangers pour la santé et la sécurité des camps de sans-abris dans la capitale de l'Alberta.

Le chef adjoint de la police d'Edmonton, Warren Driechel, a affirmé mardi que les policiers avaient démonté 120 structures affectant au moins 100 personnes et retiré des sites environ 2000 aiguilles, des dizaines d'armes et 50 000 kilogrammes de déchets.

Jamin Mike et Bob Weber, La Presse Canadienne