Course à la mairie de Toronto: l'ancien maire Tory soutient son ex-mairesse adjointe
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Par La Presse Canadienne, 2023
L'ancien maire de Toronto John Tory, dont la démission à la suite d'une relation extraconjugale avec une collaboratrice a déclenché une élection partielle pour son poste, est sorti de l'ombre mercredi. Il est revenu sur la scène publique pour appuyer son ex-mairesse adjointe, Ana Bailão.
M. Tory s'était auparavant engagé à rester en dehors de la course, mais il a changé d'avis avec la diffusion d'une vidéo et d'une déclaration écrite, partagées par la campagne de Mme Bailão.
L'ancien politicien décrit la candidate à la mairie comme une «battante», une «négociatrice» et une «leader».
«Ana a gagné mon respect et ma confiance grâce à ce qu'elle est et à ce qu'elle peut faire. Elle m'a tenu tête, elle m'a fait changer d'avis, elle m'a soutenu et, ce faisant, elle m'a rendu meilleur, ainsi que cette ville», a déclaré M. Tory.
«Elle sera là pour vous, chaque jour, et travaillera sans relâche à l'amélioration de cette ville.»
Ce soutien est intervenu quelques jours seulement avant l'élection partielle de lundi, qui a vu un nombre record de 102 candidats se présenter depuis que M. Tory s'est retiré en février.
L'ancien maire a fait valoir que Mme Bailão avait de solides expériences en matière de collaboration avec tous les ordres de gouvernement, le secteur privé et les groupes communautaires, des compétences importantes pour diriger la ville la plus peuplée du Canada.
«Le maire de Toronto ne peut pas être polarisant ou semer la discorde. Il ne peut pas se laisser guider par la politique partisane ou représenter un seul groupe de personnes», a-t-il déclaré.
«Les maires de Toronto ne peuvent pas choisir des combats qu'ils ne savent pas gagner. Il faut être pragmatique. Il faut être capable de faire avancer les projets, jour après jour, mois après mois.»
M. Tory a affirmé que Mme Bailão était la mieux placée pour assumer toutes les fonctions à la mairie.
Certains sondages réalisés avant le scrutin du 26 juin indiquent que M. Tory, qui a été élu pour un troisième mandat à l'issue d'une victoire écrasante en octobre, reste populaire auprès des Torontois.
Les sondages suggèrent également que Mme Bailão est à la traîne derrière Olivia Chow, dirigeante progressiste chevronnée et ancienne députée fédérale du Nouveau Parti démocratique.
Campagne sur le logement
Mme Bailão, qui est née au Portugal et a déménagé au Canada avec sa famille à l'âge de 15 ans, a été mairesse adjointe de M. Tory de 2017 à 2022.
Elle a choisi de ne pas se représenter en tant que conseillère municipale en 2022 et a accepté un poste de responsable des logements abordables et des affaires publiques auprès d'un grand promoteur de Toronto.
Sa campagne a inclus une promesse de l'ère Tory de maintenir les taxes à un niveau égal ou inférieur au taux d'inflation, malgré un déficit budgétaire de près d'un milliard de dollars.
La candidate de 46 ans a axé une grande partie de sa campagne sur son bilan en matière de logement, alors que la ville est confrontée à des problèmes d'accès au logement. Elle a été la personne de référence de M. Tory dans le domaine de l'habitation.
Ses détracteurs ont toutefois affirmé que l'élection de Mme Bailão à la mairie maintiendrait ce que certains appellent un statu quo brisé dans la ville.
Mme Bailão, quant à elle, s'est présentée comme une bâtisseuse de consensus pragmatique. Elle bénéficie du soutien de sept conseillers municipaux et de neuf parlementaires libéraux.
Plus tôt dans la journée, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, qui appuie l'ancien chef de la police Mark Saunders dans sa candidature à la mairie, a déclaré qu'il aurait souhaité que M. Tory soit encore à la tête de la ville.
M. Ford a ajouté que l'élection d'Olivia Chow à la mairie serait un «désastre absolu», suggérant qu'elle augmenterait les taxes de manière significative.
«Dieu nous préserve de l'élection d'Olivia Chow, car vos taxes augmenteront à un rythme sans précédent, a déclaré M. Ford. Je veux juste ce qu'il y a de mieux pour les habitants de Toronto.»
La Presse Canadienne