Chibougamau prévient qu'une deuxième évacuation est possible en raison des feux
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Par La Presse Canadienne, 2023
MONTRÉAL — Les quelque 7300 résidents de Chibougamau, dans le Nord-du-Québec, ne sont peut-être pas au bout de leur peine en lien avec les feux de forêt, puisque la municipalité a prévenu qu'il est possible qu'une deuxième évacuation soit nécessaire en raison de la progression de deux incendies incontrôlables.
Dans une publication sur Facebook, samedi soir, la Ville de Chibougamau a averti qu'il est possible que ses citoyens soient forcés d'évacuer à nouveau en raison de la menace posée par les feux 379 et 334.
«Nous avons demandé à la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) de nous accorder un préavis d'au moins 7 à 10 heures si cela devient nécessaire. La SOPFEU a accepté cette demande. Nous vous demandons de rester vigilants et calmes pendant que nous suivons l'évolution de cet incendie», a précisé la municipalité dans son message à la population en faisant référence au feu 334.
La Ville a promis de faire un suivi de la situation dimanche sur sa page Facebook, en plus de tenir un point de presse au cours de la journée.
Tous les résidents de Chibougamau avaient dû évacuer d'urgence en soirée le 6 juin, avant de pouvoir commencer à rentrer chez eux près d'une semaine plus tard, le 12 juin. La population avait été invitée à se rendre vers Roberval, à environ trois heures de route en voiture.
Chibougamau ne serait pas la première ville du Québec à être confrontée à une deuxième évacuation. À Lebel-sur-Quévillon, en Jamésie, une nouvelle évacuation complète s'est déroulée jeudi soir et était toujours en vigueur dimanche matin.
Dans les deux cas, le retour de la pluie est attendu de pied ferme. À Chibougamau, des précipitations sont prévues lundi, tandis que l'on devra attendre à mardi ou mercredi à Lebel-sur-Quévillon.
Les ménages qui sont forcés d'évacuer une deuxième fois ont droit de demander une nouvelle indemnisation de 1500 $ offerte par le gouvernement du Québec.
Situation toujours difficile
Dans l'ensemble de la province, 79 incendies étaient toujours en activité dimanche matin, en plus de 33 autres en zone nordique, selon les données fournies par la SOPFEU sur son site internet. Samedi après-midi, dans son état de la situation, la SOPFEU indiquait que 25 feux étaient toujours incontrôlables.
En plus de celles à Lebel-sur-Quévillon, des évacuations sont aussi en cours dans certains secteurs de Senneterre et Val-d'Or, en Abitibi-Témiscamingue, ainsi que de Mistissini et de la localité de Valcanton, dans le Nord-du-Québec. Plus de 430 personnes vulnérables de la communauté d’Obedjiwan, en Mauricie, ont aussi été évacuées par mesure préventive.
Mais l'impact des feux de forêt se fait ressentir bien plus loin que les régions où sévissent les flammes dimanche matin, alors que la qualité de l'air est jugée mauvaise dans une grande partie de la province par Environnement Canada.
Des avertissements de smog avaient déjà été publiés samedi matin en Abitibi-Témiscamingue et au Saguenay—Lac-Saint-Jean, ainsi qu'à Rivière-du-Loup, Trois-Pistoles, La Tuque et Mont-Laurier, mais l'agence fédérale a ajouté de nouvelles régions à la liste dimanche.
Ainsi, les grandes villes comme Montréal, Québec, Laval, Longueuil et Trois-Rivières font toutes l'objet d'un avertissement de smog dimanche, tout comme plusieurs autres régions de la vallée du Saint-Laurent et des environs.
Et pour les régions qui ne sont pas sous un avertissement de smog, un bulletin météorologique spécial a été mis en place concernant la qualité de l'air, de sorte que presque tout le Québec, de Montréal à Sept-Îles, est aux prises avec un quelconque avis concernant la mauvaise qualité de l'air.
L'agence fédérale recommande notamment de réduire son niveau d'activité en cas d'inconfort en respirant, de porter un masque respiratoire bien ajusté, comme un respirateur N95, et de réduire les sources de pollution de l'air à l'intérieur.
Les personnes atteintes d'une maladie pulmonaire comme l'asthme ou d'une maladie cardiaque, les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et les personnes qui travaillent à l'extérieur risquent davantage de subir des effets de la fumée sur leur santé, souligne Environnement Canada.
La Presse Canadienne