CDPQ Infra veut maintenant réaliser le train à grande fréquence Québec-Toronto
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Par La Presse Canadienne, 2023
MONTRÉAL — Après avoir réalisé le REM, CDPQ Infra tente maintenant sa chance dans le but de décrocher le contrat de réalisation du train à grande fréquence (TGF) entre Québec et Toronto.
La filiale d’infrastructures de la Caisse de dépôt et placement du Québec est en effet au premier rang d’un des trois consortiums retenus par Ottawa pour participer à l’appel de propositions pour la réalisation de ce lien ferroviaire entre Québec et Toronto.
Outre CDPQ Infra, le consortium Cadence comprend SNC-Lavalin, Systra Canada et Keolis Canada. Les deux autres consortiums sur les rangs sont Développeurs Ferroviaires Interurbains et Partenaires Ferroviaires QConnexiON, deux groupes comprenant aussi une part importante d’entreprises canadiennes.
Pas d'indice sur le coût
Le ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra, a toutefois expliqué en annonçant les trois consortiums retenus, jeudi, à la Gare centrale de Montréal, qu’il n’y aura pas d’exigence minimale de contenu canadien, se contentant d’indiquer que chaque consortium comprend des entreprises du Canada.
Il a également refusé d’avancer quelque fourchette de prix que ce soit pour le projet, qui atteindra certainement plusieurs dizaines de milliards de dollars, et ce, afin de ne pas influencer le processus de «demande de propositions» - ce qui est l’équivalent d’un appel d’offres - qui sera lancé en septembre prochain.
Ouvert à un TGV partiel
Les propositions pourraient varier considérablement d’une à l’autre, Ottawa ne fermant pas la porte à ce que le train à grande fréquence soit également un train à grande vitesse (TGV), du moins sur certains tronçons.
Trois obstacles principaux empêchent la réalisation d’un TGV sur toute la longueur. D’abord, il faudrait pour cela un rail continu qui n’est traversé à aucun moment par une route ou une forme de passage à niveau quelconque. Deuxièmement, malgré l’aménagement de nouvelles voies sur de nombreux tronçons pour empêcher le partage des voies avec les trains de marchandises, il ne sera pas possible d’aménager de nouvelles voies partout en milieu urbain, faute d'espace.
Enfin, le ministre du Patrimoine et lieutenant du Québec, Pablo Rodriguez, a été ferme sur la nécessité pour le TGF, qui empruntera la rive nord du fleuve Saint-Laurent, de faire des arrêts à Trois-Rivières et à Laval.
Le ministre Alghabra, qui parlait au moment de l’annonce du projet en février dernier d’une possible mise en service «au début des années 2030», a plutôt parlé, jeudi, du «milieu des années 2030».
Les soumissions des trois consortiums seront évaluées à l’été 2024.
Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne