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Caucus libéral 24 heures après le vote du Canada à l'ONU pour un cessez-le-feu à Gaza

durée 23h35
12 décembre 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Par La Presse Canadienne, 2023

OTTAWA — Les députés libéraux fédéraux devraient se réunir pour ce qui devrait être leur dernière réunion de caucus de l'année, un jour après que le Canada ait changé de position pour se joindre aux appels internationaux en faveur d'un cessez-le-feu durable entre Israël et le Hamas.

Le vote du Canada à l'Assemblée générale des Nations Unies (ONU) l’éloigne de sa politique de longue date consistant à voter aux côtés d'Israël au sein de l'organisme international, qui a voté mardi à une écrasante majorité pour exiger un cessez-le-feu humanitaire.

Cette décision a été prise dans un contexte de conflit au sein du caucus libéral du premier ministre Justin Trudeau sur la manière de répondre au conflit déclenché par une attaque perpétrée par des militants du Hamas en Israël le 7 octobre.

S'adressant aux députés et au personnel réunis lors d'une fête de Noël mardi soir, le premier ministre Trudeau a reconnu que la guerre avait des répercussions à travers le monde, y compris au sein du Parti libéral (PLC). Il a dit être conscient que cela avait été extrêmement difficile pour beaucoup de ses députés et qu'il avait parlé avec ceux qui ont été directement touchés par le conflit. Il a évoqué des conversations difficiles, mais nécessaires.

Quelques heures plus tôt, la députée libérale de la circonscription de Scarborough-Centre en Ontario, Salma Zahid, qui avait aidé à organiser une lettre ouverte signée par plus de 20 autres députés du gouvernement appelant le Canada à faire pression pour un cessez-le-feu, avait salué l’initiative du gouvernement. Elle a publié une déclaration après le vote mardi remerciant ses collègues députés qui ont élevé la voix en faveur de la paix, ainsi que les milliers de personnes qui sont descendues dans la rue pour protester pacifiquement pour réclamer un cessez-le-feu.

Mais d'autres députés libéraux, dont le Québécois Anthony Housefather, député de Mont-Royal, et l'ancien ministre de la Sécurité publique Marco Mendicino, ont déclaré qu'ils n'étaient pas d'accord avec le vote du Canada.

M. Housefather a déclaré sur les réseaux sociaux que l'arrêt des hostilités exigeait que le Hamas, qui est une entité terroriste répertoriée au Canada, libère ses otages et il a déclaré qu'il était seul responsable de la guerre. «Je ne suis pas d'accord avec notre vote à l'ONU aujourd'hui», a-t-il précisé

Marco Mendicino a pour sa part signalé: «Je ne soutiens pas son appel à Israël pour qu'il accepte ce qui est, en fait, un cessez-le-feu inconditionnel. À l’heure actuelle, cela ne ferait que mettre davantage en péril la sûreté et la sécurité des Israéliens (et) des Palestiniens à Gaza».

L’actuelle guerre entre Israël et le Hamas a commencé après que les militants du groupe armé aient lancé une attaque surprise en Israël le 7 octobre, tuant 1200 personnes, dont des centaines de civils, et prenant environ 240 personnes en otage. Israël a riposté par des frappes aériennes et une offensive militaire terrestre sur la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, lui coupant l'accès à de nombreuses fournitures essentielles. Les autorités locales affirment que plus de 18 000 Palestiniens ont été tués.

Le Parti conservateur (PCC) a appelé le Hamas à se rendre sans condition à Israël et à libérer tous les otages, et n'a pas voulu intervenir directement lors du vote de mardi.

Mais la porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d'Affaires étrangères, Heather McPherson, a salué cette décision et a déclaré qu'il était temps qu’elle soit prise.

Le gouvernement Trudeau a fait face à des pressions massives de la part de groupes de défense des intérêts juifs et musulmans canadiens à propos de sa position.

Le Centre pour Israël et les Affaires juives a écrit mardi dans un communiqué qu'il était à la fois "choqué et "dégoûté" par le vote du Canada à l'ONU, affirmant que le pays tournait le dos à la communauté juive et au droit d'Israël à se défendre.

En expliquant le changement du Canada, la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly a déclaré que même si le Canada croit au droit d'Israël à se défendre, la manière dont il se défend est importante. "Ce qui se déroule sous nos yeux ne fera qu'accentuer le cycle de violence", a-t-elle déclaré mardi aux journalistes.

Stephanie Taylor, La Presse Canadienne