Canadien: Sean Farrell ne veut pas changer son plan malgré sa progression fulgurante
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Par La Presse Canadienne, 2022
BROSSARD, Qc — Sean Farrell a connu une progression fulgurante au cours des deux dernières années. L'Américain âgé de 20 ans continue de vouloir prendre son temps dans son développement en ne sautant pas d'étapes.
Farrell a déjoué les pronostics depuis que le Canadien de Montréal l'a sélectionné en quatrième ronde, au 124e échelon, en 2020.
Comme le premier choix du Tricolore au plus récent repêchage, Juraj Slafkovsky, Farrell a également participé aux Jeux olympiques de Pékin et au Championnat mondial de hockey, en Finlande, cet hiver.
«J'ai pu jouer avec des hommes et ça m'a forcé à élever mon niveau de jeu», a raconté Farrell, lundi, en marge du camp de développement du Canadien.
Farrell avait toutefois dû faire ses preuves afin de recevoir les invitations de USA Hockey pour les deux tournois.
Son talent n'a jamais fait de doute et plusieurs observateurs étaient surpris de le voir glisser aussi loin au repêchage en 2020. Le hic a toujours été sa taille, lui qui est maintenant listé à 5 pieds 9 pouces et 175 livres.
Farrell a connu une saison spectaculaire avec le Steel de Chicago, dans l'USHL, en 2020-21. Il a connu la deuxième campagne la plus productive de l'histoire du circuit avec 101 points en 53 rencontres. Il a fait le saut dans la NCAA l'hiver dernier et a continué à produire à Harvard, amassant 10 buts et 18 aides en 24 rencontres.
«Offensivement, j’ai gagné en confiance, a-t-il admis. Je reconnais encore mieux où je peux être productif sur la patinoire et générer des chances pour mes coéquipiers.»
Il a inscrit trois buts et autant d'aides en quatre sorties avec l'équipe américaine aux Olympiques, puis a récolté six autres points en 10 parties au Championnat mondial.
Farrell aurait pu décider de faire le saut dans les rangs professionnels en 2022-23, mais il préfère retourner à Harvard pour au moins une autre campagne.
«C’était clair dans mon esprit. J’ai encore bien des choses à améliorer avant de faire le saut, a-t-il reconnu. Je veux dominer au niveau de la NCAA et aider mon équipe à gagner.»
Farrell voudra notamment continuer à renforcer sa charnière. Il croit malgré tout avoir découvert avec le temps comment être productif même s'il n'est pas aussi gros et fort que ses adversaires.
«J'ai réalisé que je peux faire des jeux. Mais si je deviens un peu plus fort et que j'améliore mon coup de patin, je serai encore plus efficace dans les coins», a-t-il souligné.
«Ce n'est pas évident de protéger la rondelle contre des défenseurs de la LNH. C'est ce que j'ai réalisé lors de mes expériences. C'est très difficile de faire des jeux en zone offensive quand vous avez un colosse en train de vous écraser contre la bande ou de vous retenir dans le coin.»
Farrell participe à un premier camp avec le Canadien. Les deux derniers camps de développement ont été annulés en raison de la pandémie et les joueurs optant pour le parcours universitaire américain vers la LNH n'ont pas la permission de participer aux camps préparatoires des équipes professionnelles.
Il y avait beaucoup d'entraîneurs sur la patinoire, lundi, dont le directeur du développement hockey, Adam Nicholas, le conseiller spécial aux opérations hockey, Vincent Lecavalier, et la consultante au développement des joueurs, Marie-Philip Poulin. Dans les gradins, il y avait aussi un ancien joueur qui pourra éventuellement servir de mentor idéal pour Farrell: l'entraîneur-chef Martin St-Louis.
«Il a été l'un des premiers joueurs à petit gabarit à faire sa place dans la récente génération. J'espère apprendre beaucoup de lui et je suis prêt à prendre tout ce qu'il a à m'offrir», a souligné Farrell.
Le jour où St-Louis dirigera Farrell n'est peut-être pas si loin. Farrell a très bien paru sur la glace du Complexe sportif Bell, lundi. Mais le natif du Massachusetts est prêt à faire preuve de patience pour parfaire son développement.
Alexis Bélanger-Champagne, La Presse Canadienne