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C.-B.: la Ville de Surrey s'adresse au tribunal pour être encore desservie par la GRC

durée 18h31
13 octobre 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

SURREY, C.-B. — La Ville de Surrey affirme que le gouvernement de la Colombie-Britannique n’a pas la compétence et n’offre pas suffisamment d’argent pour la forcer à adopter un corps policier municipal indépendant.

La Ville a publié vendredi un communiqué dans lequel elle demande un contrôle judiciaire à la Cour suprême de la Colombie-Britannique, contestant «l'autorité légale» de la province d'imposer son choix de force de police sans fournir le financement nécessaire pour soutenir une telle décision.

Vendredi, la mairesse de Surrey, Brenda Locke, a publié une lettre publique à l'intention du solliciteur général Mike Farnworth, l'informant que la Ville contesterait une ordonnance prise en juillet qui stipulait qu'elle doit poursuivre la transition de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) vers un corps policier municipal.

Dans la lettre, Mme Locke a déclaré que la Ville ne pouvait pas accepter le fardeau extraordinaire auquel les contribuables seront confrontés en raison de l'ordonnance de la province, qualifiant la transition vers la création du service de police de Surrey de «beaucoup trop coûteuse et mal planifiée».

«Bien que la Loi sur la police stipule que le ministre est responsable d'assurer un niveau adéquat et efficace de maintien de l'ordre et d'application de la loi dans toute la Colombie-Britannique, elle n'autorise pas le ministre à choisir le modèle de maintien de l'ordre pour une municipalité», a fait valoir Mme Locke dans la lettre.

Surrey était sur le point de quitter la GRC pour créer son propre corps de police lorsque Brenda Locke a été élue mairesse, il y a un an. En campagne électorale, elle avait promis d’infirmer cette décision.

Projet de loi

M. Farnworth s'est dit «extrêmement déçu» de la contestation judiciaire intentée par la Ville de Surrey. Il prévoit présenter lundi un projet de loi qui établira un processus clair pour toute municipalité souhaitant modifier son choix de corps de police.

«Cette législation ne sera pas une surprise pour la Ville de Surrey, a déclaré M. Farnworth dans un communiqué. Nous avons discuté publiquement de nos intentions au cours des derniers mois et le personnel municipal a été soigneusement informé de son contenu.»

Le ministre a soutenu que sa décision d'ordonner la poursuite de la transition vers la création d'un corps de police à Surrey «n'a pas été prise à la légère», et que les habitants de Surrey souhaitent que cesse l'incertitude concernant leur force de police.

M. Farnworth a également déploré le fait que le conseil municipal a refusé l'offre de 150 millions $ d'aide financière de la province pour la transition.

Dans sa requête aux tribunaux, la Ville de Surrey a estimé que son projet de dissoudre la police de Surrey et de conserver les services de la GRC permettrait à la municipalité d'économiser 235,4 millions $ au cours des cinq prochaines années.

La Ville a ajouté que les 150 millions $ offerts par la province pour continuer à financer une force de police municipale laisseraient à Surrey un déficit de 85,4 millions $ de 2023 à 2027, sans compter les autres «coûts d'investissement prévus» de la transition.

«L'augmentation estimée des coûts de la transition vers le (service de police de Surrey) par rapport au maintien de la GRC dépasse 464 millions $ sur 10 ans, indique la requête. La province a proposé de financer seulement 150 millions $ de ce montant, ce qui laisse un manque à gagner de plus de 314 millions $.»

Lorsqu'il a forcé la municipalité à poursuivre la transition vers son propre corps de police, M. Farnworth a mis de l'avant ses préoccupations en matière de sécurité publique, notant que la GRC avait 1500 postes vacants.

Il a soutenu que le gouvernement tentait d'éviter une crise au sein des services de police alors que la GRC décidait de pourvoir des postes à Surrey, tout en aggravant la situation du personnel dans d'autres détachements de la province.

Vendredi, M. Farnworth a réitéré ses préoccupations dans son communiqué.

«La sécurité des gens de Surrey et de toute la province n'est pas négociable, a-t-il martelé. Nous ne pouvons pas permettre que les gens de Surrey ou d'autres communautés soient mis en danger. Les Britanno-Colombiens doivent savoir que lorsqu’ils appelleront la police, de l’aide viendra.»

Chuck Chiang, La Presse Canadienne