Blanchet peut siéger malgré son serment d'allégeance non sincère, dit Trudeau
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Par La Presse Canadienne, 2022
OTTAWA — Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a été dûment élu et peut continuer à siéger à la Chambre des communes malgré qu'il ait déclaré que son serment d'allégeance à la couronne britannique «n'était pas sincère», estime le premier ministre Justin Trudeau, rabrouant la charge menée la veille par des secrétaires parlementaires de son caucus.
«La réalité, c'est qu’il y a bien des gens qui prêtent des serments à la Reine pour devenir citoyens (et) qui le retirent par la suite. M. Blanchet a été élu par des Canadiens pour servir dans cette Chambre», a déclaré M. Trudeau mercredi à son arrivée à la réunion hebdomadaire du caucus libéral. En conséquence, il «pense que oui» M. Blanchet est apte à siéger.
Les libéraux ont réclamé la veille que le président de la Chambre des communes tranche que le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, n'est pas apte à siéger après qu'il eut déclaré durant la période des questions qu'il n'était «pas sincère» lorsqu'il a prêté le serment d'allégeance obligatoire à la couronne britannique, ce qui serait l'équivalent de ne l'avoir «jamais pris».
Le président Anthony Rota a ensuite invoqué un précédent de 1990 lorsqu'un de ses prédécesseurs a été appelé à se prononcer sur la sincérité d'une affirmation solennelle d'un député et qui avait décidé qu'il n'était pas habilité à porter un jugement sur la sincérité du serment.
Après qu'un autre secrétaire parlementaire lui ait fait remarquer que le chef bloquiste a «clairement exprimé son intention», le président Rota a annoncé qu'il étudiera la question et rendra une autre décision s'il le juge opportun.
Les élus fédéraux devront se prononcer mercredi après-midi sur une motion du Bloc québécois qui propose l'indépendance du Canada face à la monarchie britannique. Les conservateurs et les libéraux ont déclaré qu'ils voteront contre, estimant qu'il y a d'autres sujets prioritaires. Ce sera un vote libre pour les néodémocrates.
Michel Saba, La Presse Canadienne