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Blaine Higgs ira de l'avant en septembre avec son nouveau programme d'immersion

durée 07h26
15 décembre 2022
La Presse Canadienne, 2022
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Par La Presse Canadienne, 2022

FREDERICTON — Le gouvernement du Nouveau-Brunswick va de l'avant avec son implantation controversée, dès septembre prochain, d'un nouveau programme d'immersion en français.

Le premier ministre Blaine Higgs souhaite que tous les élèves anglophones obtiennent leur diplôme en pouvant au moins soutenir une conversation en français. 

Mais la décision de réformer dès l'an prochain le programme d'immersion en français a soulevé la controverse au Nouveau-Brunswick, et provoqué notamment, en octobre, la démission du ministre de l'Éducation, Dominic Cardy.

Le nouveau ministre, Bill Hogan, affirme qu'une réforme est nécessaire car moins de la moitié des diplômés du secondaire du secteur anglophone sont capables de soutenir une conversation en français. 

Le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue au Canada.

Le ministre Hogan a confirmé jeudi qu'à partir de septembre prochain, les élèves de la maternelle et de la première année passeront la moitié de leur journée à faire des «activités d’apprentissage exploratoire» en français. Ces élèves passeront l’autre moitié de leur journée à apprendre en anglais des matières comme les mathématiques, la lecture et l’écriture. 

Cette cohorte continuera avec ce cadre tout au long de son parcours primaire. Les élèves de la sixième à la huitième année recevront un enseignement en anglais pendant 60 % de leur journée et en français pendant 40 %. L'enseignement des mathématiques, de la lecture et de l’écriture se fera en anglais.

«Notre nouveau cadre s’éloignera d’un système qui divise les élèves en deux parcours distincts et bâtira un système où chaque élève est appuyé, peu importe où il vit, selon ses préférences d’apprentissage», a indiqué jeudi le ministre Hogan, dans un communiqué.

«Un boulet de démolition»

Dans sa lettre de démission, en octobre, Dominic Cardy reprochait à M. Higgs d'avoir agi trop rapidement pour réformer le programme d'immersion. Il soutenait aussi que le premier ministre avait ignoré les données montrant que le programme actuel fonctionnait.

«Vos récents efforts pour faire pression sur le (ministère) afin d’abolir l’immersion en français d’ici septembre 2023, une initiative qui n’est pas incluse dans notre plateforme ou dans le discours du Trône, et qui n’a pas été partagée ou approuvée par le Cabinet ou le caucus, exercerait une pression énorme sur le système d’éducation et nuirait à l’éducation des élèves anglophones de notre province», écrivait M. Cardy dans sa lettre de démission.

«Des changements sérieux à notre système d’éducation en français langue seconde sont nécessaires. Le changement exige de la prudence, pas un boulet de démolition.» 

Le président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Alexandre Cédric Doucet, avait dénoncé le projet du gouvernement de réformer ce qui constitue selon lui une réussite canadienne. «Je pense qu'une attaque contre le programme d'immersion française est une attaque contre les langues officielles», déclarait-il en novembre. 

L'Institut de recherche en langues secondes du Canada, à l'Université du Nouveau-Brunswick, se disait «profondément troublé» par l'intention du gouvernement d'introduire un nouveau programme dès l'an prochain. L'Institut estime que l'élaboration d'un nouveau programme scolaire constitue une «tâche colossale».

La Presse Canadienne