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Alexandre Boulerice quitte le NPD et se présentera pour Québec solidaire dans Gouin

durée 09h41
27 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Alexandre Boulerice, le seul député néo-démocrate du Québec et dernier survivant de la vague orange de 2011 au Québec, troque l’orange fédéral pour l’orange provincial, couleur de Québec solidaire.

L’annonce du député de Rosemont-La-Petite-Patrie, lundi, n’a surpris personne puisque le bruit courait depuis très longtemps. Il briguera l’investiture solidaire dans Gouin, le fief abandonné par Gabriel Nadeau-Dubois, qui a annoncé son départ de la vie politique. Il se retire donc du caucus néo-démocrate et siégera comme indépendant à Ottawa jusqu'au déclenchement des élections provinciales.

«Le Québec ne va pas bien»

Homme de gauche souverainiste, il a toujours défendu sa présence à Ottawa comme étant liée à sa volonté d’œuvrer à une plus grande justice sociale, un combat qu’il veut maintenant mener sur la scène provinciale «parce que le Québec ne va pas bien».

«La maison n'est pas en ordre. Il faut réparer le Québec», a-t-il dit en faisant référence, notamment, au nombre de sans-abris, à l’état des écoles et des hôpitaux, au laxisme gouvernemental en matière d’environnement et au coût de la vie.

Questionné sur le cynisme possible de ses électeurs, qui l’ont envoyé à Ottawa à cinq reprises pour les représenter, il a fait valoir que Québec solidaire, comme l’ensemble des partis de gauche, est dans une phase plus difficile. «Je pense que ça serait difficile qu'on me taxe d'opportuniste aujourd'hui. (…) Je ne vais pas dans le véhicule le plus facile nécessairement, mais je vais dans le véhicule qui m'inspire confiance.»

Il a toutefois admis que la course à la direction du NPD, où le fait français était pratiquement absent, lui a laissé un goût amer. «Effectivement, la place et la qualité du français pendant la course au leadership m'a agacé, disons, utilisons ce mot-là. La qualité n'était pas là», a-t-il déclaré, un agacement qu’il avait d’ailleurs déjà manifesté.

Souverainiste, mais pas victime

Quant à la question de la souveraineté, il a rappelé qu’il a toujours été souverainiste malgré sa présence au niveau fédéral, ajoutant que «l'expérience aussi d'être dans un parlement d'un pays souverain, ça m'a aussi montré à quel point c'est avantageux d'être un vrai État, à quel point tu as des capacités beaucoup plus grandes d'action en étant un État plutôt qu'en étant une province».

Cela ne l’a toutefois pas empêché de lancer une pointe à d’autres souverainistes qu’il a refusé d’identifier: «Il faut aussi changer la façon dont on parle de nous-mêmes. Certains veulent nous enfermer dans un statut de victime, d'éternel menacé, fragile, où il faudra avoir peur de l'autre. Je pense que nous sommes quelque chose comme un grand peuple», a-t-il laissé tomber en citant René Lévesque.

Les deux co-porte-paroles de Québec solidaire, Ruba Ghazal et Sol Zanetti, se sont félicités de cette prise d’envergure, Ruba Ghazal reconnaissant que «ça fait longtemps qu’on ‘cruise’ Alexandre».

Elle a plaidé que «le Québec a besoin plus que jamais d'une gauche assumée, indépendantiste, écologiste, une gauche qui propose des solutions pour répondre aux besoins quotidiens des gens sur le coût de la vie, sur le prix des loyers, l'accès à la propriété, mais aussi une gauche ambitieuse qui construit un projet de société inspirant pour notre avenir». Et à cet effet, a-t-elle ajouté, «Alexandre est un homme d'exception. Il est devenu le symbole d'une gauche qui résiste, qui dure. D'une gauche qui gagne. Et ce n'est pas un hasard. Il est vraiment là pour les gens et pour les raisons fortes de faire de la politique. Pas de la petite politique, puis les petites chicanes et puis ça. Les vraies raisons pour lesquelles on devrait s'engager en politique.»

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne