17 milliards $ de gains pour un Québec indépendant, calculait Legault
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Par La Presse Canadienne, 2023
QUÉBEC — François Legault a déjà brossé un portrait très favorable des finances d'un Québec indépendant: il estimait à 17 milliards $ sur cinq ans les gains qu'engrangerait alors un État souverain.
Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon doit présenter lundi un aperçu des finances d'un futur État du Québec.
M. Legault avait déjà effectué le même exercice, avec des conclusions différentes que celles qu'il tire aujourd'hui. En mai 2005, alors député péquiste, comptable et ancien homme d'affaires, il avait mis à jour toutes les études sur le partage de la dette, les chevauchements et dédoublements, revenus et dépenses, etc.
C'était pourtant un exercice miné pour le Parti québécois (PQ), puisque le premier «budget de l'an 1» présenté par Jacques Parizeau en 1973 et discrédité par ses adversaires fédéralistes,avait sans doute contribué l'échec du parti aux élections générales de cette année-là.
Mais François Legault, résolument souverainiste à l'époque, y croyait. C'était bien avant qu'il abandonne le PQ en 2009 et fonde la CAQ en 2011. Aujourd'hui il brandit la menace de pertes d'emplois advenant l'indépendance et répète que les Québécois «ne veulent pas de référendum».
Les «vieilles peurs»
Le document que M. Legault signait en 2005 «dissipe les vieilles peurs sur la précarité économique d'un Québec souverain et remet en question les arguments à propos de la soi-disant rentabilité du fédéralisme», écrivait-il dans la préface.
«C'est non seulement pertinent, aujourd'hui, le projet de souveraineté, mais c'est devenu urgent», avait-il même déclaré, dans un segment télévisé que le Parti québécois (PQ) a repris pour faire la promotion de son annonce de lundi prochain.
Il estimait alors que l'effet financier des revenus récupérés au fédéral et des nouvelles dépenses assumées s'élèverait au total à un surplus de 17 milliards $ pour un Québec souverain sur 5 ans, entre 2005 et 2010, chiffres à l'appui, «une fois le plein effet des économies dégagées de l'élimination des coûts de chevauchements».
En contrepartie, il estimait qu'un Québec qui resterait une province se dirigeait vers un déficit accumulé de 3,3 milliards $ sur cinq ans, en raison de la hausse plus rapide des dépenses par rapport à ses revenus et du «déséquilibre fiscal» avec le fédéral.
En croisant ces données, M. Legault concluait donc que le Québec souverain disposerait au final d'une «marge de manœuvre» de 13,8 milliards $ après cinq ans, en assumant les mêmes programmes et services que le fédéral, précise-t-on.
Patrice Bergeron, La Presse Canadienne